Jean Jaurès - La Convention

JIISTOIIlE SOCIALISTE 16~7 lion, lancèrent contre lui une nouvelle et flélrissante accusation. Il avait osé metlre la main surie nom de )farat qu'Héberl prolendait confisquer, li fallait en finir avec lui. On lance contre lui « la veuve de Marat•• celle qui fut sa compaf(ne, Simone Evrard, qui se plaint que Jacques Roux fasse parler « J'ombre de ~larat • : la famille de ~laral étant héberlisle. )lais surtout on tente de le déshonorer en le dénonçant comme un voleur. Accusé clans sa section d'avoir, comme président du club des Cordeliers, dilapidé les fonds el notamment de n'avoir pas versé à la caisse un assignat de deux cents livres reçu par lui pour le club, il se défendit al'ec force. Il affirma (et c·est infiniment vraisemblable) que plusieurs des somm~s inscrites sm· les registres du club n'avaient pas été elfertivement "er- ~ées, et qu'en quittant la présidence, il dut combler le déficit de ses propres fonds. Il appela en témoignage de sa bienfaisance, de sa sollicitude pour les pau1res, quelques-unes des femmes qu'il avait obligées, pour lesquelles il arnit fait des collectes: et elles parlèrent de lui avec une gratitude extrôme. .\Ja:scette lenlati ve pour l'écraser le ré, olta, et, un soir, à l'assemblée de la section, il tenta de prendre sa revanche. Il porta contre un de ses principaux adversaires, Chemu, une accusation grave; il ressaisit sur la section toute son autorité; il fit casser le bureau où siégeaient ses ennemis. Lui-même fut appelé à la présidence. C'était le réveil de Jacques Roux aux Gravilliers. Autour de lui, ses amis, le menuisier Maté, d'autres encore, exhalaient des propos de colère contre tous çeux qui avaient diffamé Jacques Roux. Hébert et la Commune laisseront-ils se reformer le parti des Gravilliers, le parti de Roux? C'est le 19 aoùl que Roux a fail son coup de force. Dès le 21, Hébert le dénonce aux Jacobins : « Ce prêtre infâme, qui a beaucoup d'influence dans la section des Gravilliers, avait fait arrMer, à ~elle section, qu'une adresse serait présentée à la Convention pour en obtenir la cassation des autorités constituées, pour accuser le mJire m~me d'accaparement. " Heureusement, ajoute-t-il, cette section a reconnu son erreur, elle a rapporté son arrêté, et elle sera sans doute la première à dénoncer le scélérat qui l'induisit volontairement en erreur. » Cel appel rut entendu et les comités civils et de surveillance des Gravilliers, qui tentaient de disputer la section à l'influence de Jacques Roux, firent, le 22 aoùt, une démarche à la Commune. Truchon dit en leur nom : « Citoyens magistrats, vous avez dû être instruits que dimanche dernier, vers minuit, Jacques Roux s'est introduit dans l'assemblée de la section des Gravilliers; il y a cassé le président et le secrétaire; il a également fait casser, à la rav~ur d'un parti qu'il s'est fait, le comité civil et de surveillance, et le commissaire de police, et il a fait mettre plusieurs personnes en état d'arres• talion. La section est entièrement dé~organisée; nous demandons que le Conseil nomme des commissaires pour se transporter dans notre assemblée

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