Jean Jaurès - La Convention

IIISTOJllE SOCIAL:;:,TE IG05 sions et les querelles qui auraie11l paraly,6 !"élan ue, 1,oluats? La for~e des armées était dans la grande unité rérnlulionnaire qu'organisail et symbolisait le Comité de Salul public. Celui-ci ne frappait-il point assez forl sur les ennemis inlé1·ieurs de la Révolution? Elail-il lrop avare du rnng royaliste el du rnng girondin? lléberl el les siens l'insinuaient sans ces,e. Sans cesse, il, se liuaienl à une facile surenchère de guilloLine. Yrairuenl quel pclit nombre de lèles ! qu'on agrandisse les paniers! Oui, mais à ce jeu lcrr,ble il eùl élé facile de les dépasser eux-mêmes. La ,eule formule de la 'l'erreur que pubsc accepter l'homme politique, sïl n·a pas élé pris par une il'Je,se de saug, c'est c<•lle qu'a donnée Robespierre : « faire de lerriules exemples». Des c,emplt•,; cl non pas des exéculious. JI suffbail, pour montrer au, peuples el au, roi,; que même la J1ilié ne faisait pas faiblir la llévclution del'anl Je crime roral, de frapper Marie Anloinetle après Loui,, la ci-deva1,l reine après le cidevant roi. Demander tous les jours la Lèle de madame Uisabeth, de la sœut· de Louis X\'!, cornn.e le faisait Hébert, 11'étail qu'une tactique fcrocc pour embarrasser le goul'ernewenl, pour ic bruuiller aYec l'hum3nilc sïl céùail, avec Les violent,; s'il ré;i,Lait. Pour J'c,elllple, il sul'li5aiL de guillolin•,r l\larie-Anloinelte : il dail sans doute inutile de roulragtr ba,,cmenL cl de lui mênager par la calomnie une ,orle de 1,·vanche de,anl l'hisLoirn. Chaumelle el Hébert élaienl médiocremenl révolutionnaire,, lors,111~, l'un de,anl le Con.cil de la Comn1une et l'autre ùeranl le lnbu11al mèmc gui jugeait Marie-Anloinelle, ils accusaient celle-ci d'avoir développé chez son tlls des manies l'icieuses pour rauèlir el 1,our mieux le goU1crner en cas de régence. lléberl servait médiocremeul la Rè,olulion lorsqu'il ajvulail que Marie-AnloioeLle el Elisabeth, la mère et la lunle, prnnaienl e11lre eUcs ie jeune enfant el sollicitaient avanl l'heu,e sa puberté 1,our Je soumellre ~lus tard, quand il serail roi, à Lous le:; caprices de Jeu,· ,olonlé. Maric-Auloiucllc eut un sublime cri de rél'olte : « J'en appelle à loule, les mère,! » el cet appel, que l'ignoble Père /Juchène fil jaillir d'un cœur lorLuré, a dep-ui, 1lus d'un siècle recruté pour la réaclio11. Peul-ètre aussi Chaumelle fut-il médiocrement inspil é lorsque, au Conseil de la Commune, il se plaignil que l'on permit aux condamnés, avant de quiller la prison pour l'èchafauù, de boire une gorgée ù'eau-de-vie : cela leur donnait du coun,ge, parait-il, el les aidait à braver, par leur altitude, la Révol ulion. Oh! la llévolulion a-t-elle doue besoin, pour C!lre forte, de la làcbclé de ses ennemis? El nous, dans q11cl11ucsmois, nous serons tentés de dire : Qu'on pa,,c ,Jonc, ,il le faut, Loule une gourde d'alcool ù Hébert pour qu'il meurn moins làchc111c1Jl ! ,\lai,, oon, il y aura assez de moqueurs ,;inistres autour rie sa clwrrclle i,our que noLre mépris reste silencicu'<. Pour l'exemple aus,i, il surllsail de faire lornber les têtes des vingL el un girondius qu'on nvail pu sai:;ir; vous voyez bien : c'est.lat.He fert.ile de Brissot, c'est la tète iuspirée ùe Vcri;uiaud qui sont la,

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