Jean Jaurès - La Convention

IIISTOlllE SOCI.\LISTE 11;;:; r~staionl t1Lernellemenl des mort,, el si ,ou,, mus r,•,li,•l éternellement cle, YÎ\ants. Ci:-n'est pas la barrière de l'élcrnit,·· que Yous alle1. j<'t,•r entre eu, el ,ons: c'est la barrière de la mort, ri celle barri~r,.-là, <'lie e,l ~bée ù franchir. O Chaumelle, regardez celui qui préside, et <lont Je , i~af:-1'C•>ncenti-<,el ,oucieu1 refoule je ne •ais quel secret profond. Il ,01" ai,Jera 1111 jour ,l pas-.er de l'autre cùlé de la mort. c·csl à la création i:nml'diat,, ,rune armée rérnlu• lionnairc qui, lançanl des colon1ws de toute, parts, i1·aporter ch<'z les accapareurs et les conspirateurs la mort ou l'épouvante, •111eChauml'tll' conrlul. La délt\;aliou jacobine deman,lt' la mi,c en ju!!euwnl inun<'•liale el la condamnation rapide <le<détenus girondins. • Dans les plac,·, puhliqu,•4' Ir, républicains parll'nl avrc in1lig-nalion de, fvrfail, cl,• llrbsot, ils 11•pronon,·em wn nom qn·av,•t· horreur. 011,,, rapp..Jlr. que ce mon..tr.- a êlé ,·ûmi par r \n~lt•lt>rr• e11 1 ;s.n. pour lrt.mblt 1 r 11r'rc re, l· lulillll et cntra,·er :-;t m·1rclw. ~ous dcinuu1fon~ qu'il soil jugl•, ain:-i tJU•· ,p~ complfrc,. « Le p1'ople sïn1li!!ne (1., Yoir cncor1.. 1 fi•'' prh ilè::1•, a11 miliru ile h n1·•;1n• hlique. Quoi! les Ver..:n;.1lHl.],,, (,rn,onn•' el aulr,·, ,rdérals. tli·,;radé, par leur trahison de la dil-(nité tle repr,'•.t•11la11l-.aur.,ient pour p1·iso111111palais. tan li~ que dr pau,-r"~~·rn,.culvllPc"i t::émb,t•uL tian-;h•; cachot, ~ous le" poi• !!nar 1s de, féllérali,tes ... • Il e,l temp, que J'(>.:rnlilépromènr la faux sur lonles le, ttllr,, Il e~l t"mps 11',•pomantrr ton, les conspirateur,. Eh IJicn ! lt)~islaleur,, PL.ICG L\ TERREl"R .\ L0 0RORE Dl JOtR. » L1 formule élail (ronvée: elle fut counrlc d'acclamalions.1n.1ssurez-yo1Js, ritoyen ,1,·•1<'~11é;Yous an rez la lNe ùe llris,ol et celle di• Vergniau1l, et hi<'n 1l';u1trc, encore. Dan, le pani,•r de la guillotin,•. tous les jour;, rempli et ülé, il :y aur,l place pour bien !,•, hil<',, et pour la ,ùtrc aussi it l'aventure. Tuus ,·es honuur~, hélas! qui, il y a c1urlq11esjour, à peine, dan, la ft'le au311,te de la f,•cl(·ralion, invoquaienl la hienfai-anl,• :-.ature el buvaient l'eau limpide à la cuup•• de la fraternité ,aint,·, r'e,l le ,ang drs hommr• fJUÏls ,·onl hoirc à la Cùup,•de la fureur cl de la morl. El il, ,ont restés le, mêmes, et il traH'r, l'atroce hesogne de meurtre que leur sug!.(t're ou que leur impose le délire de, évènements, ils !(ar1h•nt le11rgrlnd r'vc d'apaisement fraternel. Que le dr,tio fut cruel tle ,ou, g-orgPrain,i tl'un<' am~re saveur de san!!. ù ,·ous qui dwrrbiez la justice el qui aimiez l'humanité! L'hi,loire a foil de ,ou, de, sacrificateur,, c'est-à-dire des ,uppliciés. Les révolulions sont la tor.ue lnr bare du pro~r~~. Si noble, si féconde, si n{·ct.h,saire que ~oil uur rt\volution, t>lleapparti,•nt 1,:7,jour, à l't!po,1u<'infcri,•lJrt' et ,emi-be,liale de l'humaniti°'. E,t-il permis ,reuln!vuir le jour où la forme du pro.très humain sera vraiment humaine? Drouet avait ~antlalisé ia Conrention par une e,pression brutale : • Soyons bri~andll pour le bonheur tlu peuple. •

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