Jean Jaurès - La Convention

16i4 lIISTOlHE SOC!AL1S1'E • Toulon est peut-êlre pris. :-;ous vaincrons sans Toulon, nous vaincrons sans escadre. » )lais oui, la nouvelle est confirmée; el c·cst affreux. Toulon n'a pas él6 pri,. Toulon 1,"a pas élé forcé. 'Toulon s'est donné à l'ennemi. 'l'oulo11a trahi la France et Loule la Révolution. Les seclions royalistes l'emportenl, et c'est au nom de Louis XVJI que ramiral !food esl acrueilli dans le grand port. El ce ne sont pas seulement les aristocrates qui lrahissenl. Les chefs de l'escadre ont presque lous fait le jeu des Anglais : la plupart des matelots, avec l'amiral Saint-Julien, sont restés fidèles à la R6publique. ~lais les ou11·iers de l'arsenal, fatigués d'être payés en assignats, se sont rendus pour êlre payés en or. Ainsi l'ennemi fail d'abord de la misère, el ensuite à celle misère il inocule la trahison. Ce poison horrible est dans nos veines : par quelle magique ineanlalion de fureur, par quelle exsudalion sanglante l'en ferons-nous sortir? Fabre d'Églanline a dil que l'étranger, installé au cœur de la Banque, organi,ail la contre-révolu lion par le discrédit des assignats. Barère a lu à la Convention des lcllre,, des comptes ,aisis par le Comité de Salut public et qui démontrent que l'.\nglais a des agents cachés partout. Il en a dans nos places fortes pour mellrc le feu au, arsenaux et aux poudrières. fi en a dans nos clabs, pour affoler le peuple souffrant. El ces guinées anglaises achètent les ouvriers de nos ports après avoir commandité les fanatiques de Yendée. Qui $ail ~i l'étranger n'est pas caché jusque dans notre colère que ses propos exaspèrent pour la changer en délire? li faut s~ défendre; il faut se venger; il faul faire peur à la contre-révolution el au monde. Voici le Dies ira;, où toute pilié va mourir. Des milliers de citoyens conduits par Pache el Chaumelle, sont enlr~s à la Convention. Chaumette refait son di~cours de la veille à la Commune; mais avec quel surcroit d'autorité, depuis que le crime de 'roulon esl connu, il dénonce la conspiration de l'élran!.(rr contre la liberté fran~aise ! « L'ennemi veul afTamer le peuple pour qu'il écbange sa souveraineté contre un morceau de pain. « - Non, non, le peuple restera libre. " c·est le cri de la lltontagne, et du peuple el des tribunes. « Yous, Montagne à jamais célèbre <lans les pages de l'hMoh·e, soyez le Sinaï ùcs Français, lanoez au milieu des foudres les décrets cternell; de la justice cl de la volonté du peuple! Assez longtemps, le feu concentré de l'amour du bien public a bouillonné ùans ms flancs, qu'il fasse une éruption violente ! • Plus de quartier I plus de miséricorde aux traitres! (Non, non, -crient d'une rnême voix la Convention el le peuple). Si nous ne les devançons pas, ils nous devanceront; jetons entre eux el nous la barrière de l'é&ernil.él » O Chaumelle, l'image n'est pas très juste. Elle ne le serait 1111aei, eux, ils

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