Jean Jaurès - La Convention

• Til 1'0IIH: SOCIALISTE Les agioteurs utilisent ces causes de discrédit, et ils les aggravent par leurs opérations. Mais, selon Pabre d'Eglantine, ce n'est pas par des opérations sur les marchandises. li fut un temps où les richt'S, ayant reçu à la suite de liqoidations d'orfice, ou de remboursements de la delle, de grandes quantités d'assignats, el n'ayant pas dans l'assignat une grande conlhncc, ach•taient des quantités énormes de marchandises. Ainsi ils raréfiaient la marchandise retirée du marché, et ils jetaient au contraire sur le marché une surabondance d'assignats. De là, hausse de la marchandise el baisse de l'assignat; alors, c'est par le jeu de la marchandise et de l'assignat que se précisait la baisse de l'assignat. C'e~l dans cette période de l'agiotage assignal~-marchandises que la loi contre l'accaparement aurait produit son plus grand rlîet. Car en obligeant les délc nleurs des marchandises à vider leurs mal(a,ins et à reprendre dt'S assignats en paiement de ces marchandises, elle aurait rétabli l'équilibre au profit de l'assignat. Mais l'agiotage a évolué. • Les propriétaires d' as,ignals qui craignent de \'Oir s'évanouir leur propriété entre leur; mains, cherchent à les troquer contre des Yalcurs effective,. D'abord, ils ont commencé par accaparer des marchandises; mai:<, outre qu'il, onl craint la colère du peuple, ils ont senti que ne pouvanl exporter ce, marchandises, ils seraient obligés de les vendre el de n'en retirer que des a•«ignats; ils ont alors cessé cc commerce, et ils l'ont abandonné à ceu, qui ont confiance dans l'assignat mais qui s1iéculent sur la misère publique. « Les propriétaires d'assignats, que sous ce rapport nous nommerons capitali-tcs, ayant renoncé ·aux valeurs en marchandises, dont la !'(arrle est trop dan~,,reuseella possession lrop Yisiblc et embarrassante. ne se sont pas jrtés non plus sur les biens-fonds: 1° parce qu'ils n'onl pas plus de l'ùi dans les biens nationaux que dans l'assignat qui les représente; 2• parce qu'ils n'auraient pas trouvé à acheter asset de biens patrimoniaux; 3° enfin parce que, d'une part, le haut prh de l'impôt le, effraie, et que, de l'autre, ils veulent presque tous, du moins la majeure parlie, avoir une valeur elîeclil'e facile à cacher, facile à dérober à l'impôt et facile à transporter hors de France, et surtout hors de la République. • Les louis d'or et les écus sont dcven us al ors l'objet de la con l'Oilise de" capitalistes. Les avares el les spéculateurs les avaient prévenus; l'or el l'argent monnayé avaient disparu; il a fallu acheter de ceux-ci ces louis et ces écus, et les capitali.ltes, les trembleurs, n'ont pu s'en procurer que par de très grands sacrifices. C'esl ainsi que les louis d'or qui, après l'émigration complète des nobles, n'avaient été élevés qu'à la valeur de 40 à 50 livres assi!(nat;, qui, à l'époque du 10 aoùt, étaient relombés à la valeur de 30 livres as,i~nats, sonl aujourd'hui montés à la valeur de 130 à 140 lil·res 1ssignals. • )lais, comme l'or et l'argent deviennent, par l'effet de cette peur, plus

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