Jean Jaurès - La Convention

HlSTOITlE SOClALIS'rn fanls, combien ne doit-il pi, ajouter à l'inforlnnr rl à la misère de celle qui est p1u\'re, combien ne doit-il pas lui Hre poi~n1nl rie n'avoir à tr~n,- mellre aux siens que sa peine el sa m:s/Jre ! Aprè, t0ul, que se propose. le sentiment paternel? n'est-cc pas le bonheur des cn'ants ! Or, en c,l-il un pins grand que celui d'avoir à vivre sous les auspices d'nnr patrie juste cl vraiment digne de ce nom? « ... Concitoyens, j'ai levé l'étendard de la j11slire; que ceux qu'elle intéresse viennent s·y rallier autour, cl tous ensemble, formons une force imposnnle qui la fasse triompher de ses ennemis. C'est pour rester isolé, cl ,ans point d'union que nous devenons victimes des factieux cl la p,oir des ambi• lieux, ùes hommes perl'crs qui se jouent rie nos m1lhcurs et qui se plaisent tous les jours à nous en créer de nouveaux. Qw Ir pnrli dr lttj11stirr, qui doit Nre ce/11idr la m11llit11c!Ps,r montrr mfin, qu'il sr coalisr so111 cr/Ir Pll- .<rignenon ,Iquivoque. el hi,,ntùt il dissipera tous les complots de la perfidie el toutes les manœu1·res de vil inlér0l. « ... Si je me trompe, c'est l'amour de l'humanité, c·est le di•sir pur de notre bonlte11rcommun qui me sécluil, el co cela mon crrem· m·e,t chèrr; quoique ,aincu, je ne m'applaudirai pas moins de ma démarche, et clans ma douleur amère je me dirai : « Tillas! cc n'1•st donç ,,oint pour arrii'N a1t • règne (01·t1mé de la jwticc que la France fait, depuis cinq an<,de, ef(urt, • ino11ïs,et qu• tant d'hommes sacrifient gé11érc11,1•11wnlrt11rvie! Cc n'est • donc po!nt à son feu sacré que les cœur, s'enflamment, puisqu'il laisse « froids ceux qu'elle devrait uniquement intérc,ser 1 » Dolilier élail convaincu que son système résolvait ou plutôt su1iprimail le problème des subsistances. Une fois brisée l'aristocratie des fermiers, comment J'accapparement est-il possible? Et quand d'innombrables petits pro,riéLaircs, obtenant de la terre mieux fécondée un produit plus larg~, jelleronl sur le marché l'excédent de leur consommation, qui.Parlera encore de famine et rie prix de famine? Au demeurant, Doli1ier n'est pas favorable à l'idée de taxer les denrées. « Qu'on se figure mainlenanl, dit-il en parlant de son système, c·est-àdire de la division des fermes préparant la division des propriétés, qu'on se figure combien celle mesure serait un puissant véhicule pour répandre dans le peuple l'ardent amour de la République et le zèle de la défendre! C'est alors qu'il en sentirait tout le pl'i, et qu'il s'identifierait réellement avec elle; mais quel intérêt veut-on c1u'il y pren 1e, lanl qu'on ne s'occupera que du sort de ceux qui ont, el jamais du sort de ceux qui n'ont rien, Cl comment ce peuple se passionnerait-il pour une République dans laquelle il ne se voit qu'environné de malheurs, sans aucune perspective qui l'encourage? A. la vérité, à force de plaintes cl de murmures, il a enfin obtenu la fixation du priz des s11bsista11ces;mais cette mesure, commandée par les circons- '

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