1648 IIISTOIRE SOCIALISTE tude doit continuer d'ôlre dl•pouilléc de son droit réel au champ de la nature, à titre de copartageant, au moins doit-elle y lrou,er un droit de culture à titrr ,'e colon. • Nou, avons au,si remarqué. dans cet Es,ai, l'assurance a,ec laquelle l'autrur annonce un moyen de former une abondante res,ource communr, fournissant pleinement à tout, même à une éducation vraiment nationale, c·e,t•à•clire à l'éducalion de toute relève citoyenne, ce qui difTèreessenlielle• ment des projets d'instruction publique; et, cela, sans aucune espèce d'impôt. Qu·o11se figure combien ce moyen sirnpliflcrail la machine politique el en facililerail tous les mouvements! Nous l'avouons, ceci nous a paru, au premier abord, lrop merveilleux pour oser y croire; mais quelques explicalions clans lesquelles le curé de )Jauchamp est en Iré nous en ont fait non seulement conce\'Oir la possibilité, mais senlir la justesse qui flue comme nécessaire• ment de rorùre de choses qu'il établit sur son principe de justice. • Enfin, l'auteur propo;;e de développer son plan el d'en pré,enter tout le sy,tème, si l'opinion publique ne lui oppose pa~ un obstacle invincible. Nou;;, pour le seconder de tout notre pouvoir, votons lïmpre,sion de cet Essai, donl nous désirons qu'un exe111plaircparvienne à la Convention, aux section, et au, sociétés populaires autant qu'il est possible ... » Doli\'ier, après avoir craint les foudres de l'arblocr 1tie propriétaire, se risque donc à formuler cette théorie de la propriété qu'il avait annoncée en termes as,rz mystérieux d.,n, sa noie pour les habitants révoltés d"Etampe;:. C'<•stsous le couvert, sous le patronage de bons agriculteurs qu'il hasarde son livre: cl il va s'appliquer, tout en ébranlant le droit ,le propriété de la terre. à é,·iter l'apparence de proposer celle loi a,tra:re qu'un décret terrible de la Conventio11prohibait: • Ce u·esl que sur lïmmual,lc ju-lice que peut s'éle1·cr le véritable édifice de la félicité publique; et vainPml•nt la cherchcrions-nou;:, celle justice, dans le mon,lc moral que nous habitQns · elle ne s'y trouve point. Nous n'en avons que le fantôme qui se prêle à Ioules les formes que l'on veut qu'il prernc, chacun Je façonne à son gré, el prétend en~uile nous le donner pour la ju.,tice même. A enteu!lr1• les difTérenl~ partis qui se l'approprient exclusivement, chacun est sôr de l'avoir pour soi. JI me semble voir des vendeurs d'orviétans crier, chacun de son côlé : • Venez, c'est moi qui ai trouvé l'unique • remède à tous les maÜ'I.• Chaque rlasse de citoyens ne mit que d'après Je prisme de son intérêt parliculier el soutient que cc qu'il voit est es-enlil'lk· ment la Justice. De, riches po,sesseurs la font consister dans ce qu'ils appellent leur propriété; les pauvres, dans un partage agraire qu'ils con- ,oilcnt; les uns el les autres ont tort: la Ju,tice est tout autre chose. • ... JI y a deux sorte, de proprlélés : la propriété naturelle et la propriété civile. La propriété naturelle ne s'étend pas au delà de la personne de chaque individu; c'est le droit qu'il a de jouir de son être et de ses Cacultés.
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