Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIRE SOCI.\.LISTE La propriété civile est celle qui nait d'un clroil commun et illimité, dernnu droit particulier cl exclusif. C'esl, en ne contraignant pas dans ses jusles bornes le droit de celte dernière propriété qu'elle e~L de1enue une -011n·1· intaris,able rlr perver,ilés et de malheurs pour les I e11plt'•. • /;'11 effet, la ma111èredont nous la trouvons ilablie u·est propre qu'ri perpl'/uer le briqandoge légal, qu'à accumu{PI' la fortunr sur qurlques th1•1 privilég1ér~, au détriment de la multitude. rt qu'à ,e:r,iter lrs trop ji:,tr, murmures et la convoitise de celle-ci. De là, ces tiraillements, ces combats d'inlér6ls divers entre les citoyens; de là toutes ces passions exaltées qui les agitent et qui les tourmentent si cruellement; c'ei,l donc à celte dernière propriété que je m'attache dans ce moment comme étant celle qui entraîne avec elle les plus grandes el 1,s plus e~senlielles conséquence, ... « La terre, pri,e en qhiéral, doit ,'trc considérée comme le qrand comrmmal de la na/ure, où tous les êtres animés 0111primitivement un droit indéfini sur les productions qu'il renferme. Chaque espèce d'animaux a son instinct qui le dirige; l'homme a de plus la raison avec laquelle il se crée un nouvel ordre de choses, qui est l'ordre social; dans cet ordre social le droit indéfini doit cesser, sans quoi la société ne pourraiL sub,ister; mais en écltanfi' chaque individu doit y trouver son droit de partaqe au qra11d communal, sur !~quel il a les mêmes prétentions à former que Lous ceux qui l'ont précéllé, ou que Lous ceux avec qui il marche :;ur le même rang dans la vie. Nulle loi, nul pacte anlérieur n'ont pu l'en dépouiller; c·esL sa légitime de rigueur, dont il a seul le clrvil de disposer. En user autrement à son égard, c·csl annuler en,ers lui la sanction du p1rlagc; c·est lui rendre, clans Loule sa latitude, son droit indéfini sur le communal. Que l'on médite sur les suites de celle dernière conséquence, elles ne souffrent aucune restriction. « Celle vérité esl tellement incont.e,lable qu'elle vient d'tlLre hautement reconnue el con~acrée dans la déclaration de la souveraineté populaire. Une génération, a-L-on dit, n'a pas le droit de faire la loi à la génération suivante, el de ùispo cr de sa souver,lineté; à combien plus forte raison n'a-t-elle donc pa• Zrdroit de disposu de son 7,atrimoi11e? « De cesprinciprs, coutre lesquels je ne vois ,·ien à objecter, il suit lvi• donmrnt que les nations seules, et, par sous-dfrision, tes commwies sont véritab 'ement propriétaires de leur terrain, parce qu'elles sont au <lroit des copartageants cl que les générations n'en sont que les usufruilières, ou, autrement dil, qu'elles n'en ont que la propriété viagère; aussi les hommes ont bien pu régler entre eux cet usufruit, el faire des lois de pariage qui leur assura,se11L à chacun la part qui devait lui revenir, mais ils ont dù s·arrêler là. Jamais ils n'eurent le droit d'entreprendre sur le fonds, de s'en investir el de transmettre le domaine sur le même pied dont ils peuvent disposer de leur usufruit. C'est transiger au delà des bornes l'i de ce qui n'est point à soi; c'est s·arroger un pouvoir, une juricliclion que rien ne donne, c·esl, par con-

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