Jean Jaurès - La Convention

1032 IIISTOIRE SOCIALISTE juin et de juilil'l il semble ,·ois in d' Hébert Pl <Ir ses amis : il ne les aurait prollaùlrmrnt pas sui1is ju,qu·au boul. El, devenu un obstacle à leurambilion impalienlr, il aurait été calomnié lui au,,i cl probablement dépassé. Ou bien, pour rester à ravant-garde du mouvement, el dans l'e,aspéralion de la révolle Iyonnai,r. dll la trahi-on toulonnaise, il SllS(lrail emporté à drs fureurs meurtrières, lll engao;é à fond dans la politique béberli,lc. On ne peul dire avec ccrlilude sïl aurait guillolin6 les héberlistes ou s'il eill été guillotiné avec eu,. A peine mort, héberlistes Pl Enragés se rlispulent sa popularité et son nom. Jacques Roux prétend il continuer le journal. Il fit paraitre • l'Ami du Peuple par l'ombre de 1laral ». Décidément, il ne manquait pas d'audace. Après l'article terrible du 4 juillet, Jacques Rou, s'était rendu chez :llarat, comme nous rapprend un rapport de police de Greive au Comité de silrelé générale : • Les citoyens Crosnier, Allain el Greive, de la section de Marseille, s"élant trouvés cbeL le citoyen 1larat mardi neuf de ce mois dans la matinée, Jacques Hou, s'est présenté pour demander à ~larat la rétractation de ce qu'il avait écrit à son ,ujet dans son journal, en di,ant qu'il avait laissé chez lui son extrait baptistaire qui prou mil qu'il ne s'appelait pas Renaudi, comme Marat l'avait dil. 1laral lui a répondu avec la fermeté qui ra toujours ciraclérisé ... Houx lui a répondu sur le ton le plus patelin, le langage le plus faux, d'une manière enfin à le rendre à nos yeux aussi vil que dangereux. « Aussitôt que ~laral l'eut congédié el avanl de descendre l'escalier au bout d'un long palier, :1 s'arrèla un moment el lança sur Marat un regard prolongé de vengeance impossible à dopeindre, lei enfin qu'il nous laissa à tous l'impression la plus profonde. Aussi, dès l'instant que nous avons appris la mort funeste de ~laral, nos soupçons, ceux de Greive surtout, ont toml.Jé sur-le-champ sur ce prèlre vindicatif. • Et c'est au moment où on le soup~onnail ainsi d'avoir été le complice de Charlotte Corday que Roux s'emparait du nom de Marat. Il tentait de reprendrP. pied à la Commune. li y expliquait, le i 7 juillet, la fameuse adresse en disant que quelqulls e,pressions qui avaient choqué étaient l'effet d'une • imagination pétulante •· Il cherchait ainsi à faire consacrer l'acte audacieux par lequel il saisissait l'héritage politique el populaire de Marat. )lais à la même heure, lloberl s'écriait aux Jae.obins (21 juillet) : • S'il faut un successeur à Marat, s'il faut une seconde victime, elle est toute prêle cl bien résignée: c'est moi I Pourvu que j'emporte au tombeau la Cérlilude d'avoir sauvé ma patrie, je suis trop heureux I Mais plus de nobles! plus de nobles! le, nobles nous a~sassinent ! » Le cœur embaum6 d.i Marat fut suspendu, commll une relique, à la votlte des Cordeliers: voilà le sanctuaire de la Révolution! Robespierre Irrité de la manœuvre, proteste contre l'excès des honneurs funèbres. • Jalousie ••

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