Jean Jaurès - La Convention

111S1'01RE SOCIALISTE 1/131 sans lin: N lou<, haras,é,, clé,cspéré~, le cœt11·fl6Yoré pnr toulr·s les torturrs rtc la va"ilé rnaiadf.' el par d•·~ r1.he5 i111,ui~~lnl~ èe ,cngl'ancc, ib ~·C'nfoncèrcnl vers h Breta~ne; ib allère,1l ,er:; l<• Fi11i,ti'rl', 1rr, l'c,lr,'m1\ poinlr de la terri• fra.,çaisr. où le, attend til Kerrcleg111. lb rh rnin~rcnl, hale'ants, les pie~, !Jlr--é,, ë,·itanl le~ cité,. évilml lit , ie, s'e,commu .nnt cn,-m 'm , de la fü:\'0lulio11. Or, 1•rndanl que le parti girondin, eu :>iormnn•lie, ch ncelail tl .,,, disloquait. un,• jcunr fille a,, Carn, Charlot(,• Cor1I ,y, allait "'" !',ri,, ou pour sa11Yerou pour H'nger ccu~ (J11.Plleco11~i lé:·ail Cdtllfllf' le~ m:trlyr:-. tlc la l\épuhli,1ue. Elle s·ctail .,,allée à adlllirer le, héroïnes de Corneille. El, <'l'oyant que )larat riait le génie du dP,poli,me, de l'anarchie rl du roeurtr,•, cllr avait ré:-uln de le tuer. Le dim3th'h•• soir 1:l juilll'l clic insista pour t'lrc rcçur par lui. Il ét:tit da~s la baignoire où il se tenait presqu,• lou• jour, rlepui:; qu'une maLulie inflammatoir~ le dévorait. Une pla1vh, posée en tr.,ver,- ,oulenaiL l'cncrh•r cl le, f ·uille, de pap:,•r quïl noirci,,ait enr ,r,' de sa pensée el de sa fièvn•. Elle lui rlit qucl1uc, mol, t'l lui rnl',inça son rou• ll'au dans le rœur. 11 jeta un cri, ap;wla sa coropa(lne Simonn' En:ird el mourut. Charlotte Corday, ayant f.tit le sacrifice de sa propre vi<' pour immoler une vie qu'elle jugeait scélérat , ne ,oi,g-ea I a, à fuir. De1ant le tribunal révolutionnaire clic e,p!iqua ,011acte en quelques parole; nettes, t.l'une simplicité hér, !que cl funeste, ()!li atlhlaient it qurlle, propurlions mr,qui11r, elle a,·ail ré,luit le problème cc h llé1·olutinn. !lelle, jeune, mode5le et fière, enveloppé,' pour son traj,•l à l'é~hafaud del I chemise ro ,1,e les parricidPs, elle laissa dans les yeux du peuple une ,ision étrange de po11rpre, cl'héroï,mP <'t de sanc; cl, dans bien de, cœu,s, un lruulile inconnu. El'c arn,t tué ~larat, mais elle avait surtout tué la Gironde. Qui donc prendrait au sérirnx la déclamation girou,line contre les 111aralblcs el les a,,;as,ins? Après Lrprllelier assassiné, Marat assassiné. Ce sont ceU\. qu'on dénonce comme mrnrlril'rs qui sont frappés au cœur. Ain,i, même ùans le, esprits tJui arnienl èt,· pré• ,enu,; contre ~Iaral, l'étonnement el une sorte de pitié succédaient it la colère el à la haine. Un des ressort:, t.lela prv11agaodc girondine était bris6. La Comention el le peuple llre11L à llaral des funéraille, lriom;,hales : la douleur des pauvres, des ouvriers ful violente. lis perdaient un ami, un con,eiller qui ne les flallüt pas, qu_is,1vail au b'soin les avertir cl les rudo)er. La mort de :llaral ful un grand malheur p0ur la llévolulion. Peut-Olre s'il avait pu ,i>re un an cncorP, aurait-il erop,'ch6 les funestes li chiremeots. Sa sœur ùi,ail : • Si mou frère ..vail vécu, Dantou ne serait pa, mort •· Qu'e~l•('P à dire ·1c·esL i;a11sdoute qu'il aurait empèch6 la campagne violente de• héberti,tes contre Danton, et concilié Dantou el l\obespierr,•. ~lais pourquoi lui suvpo:1er cette influence souver.1ine, et ce prestige presque auguste que seule lui donna la morL? Sans doute il aurait été ùéborùé. En ces jotirs de

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