IIISTOlllE SOCIALISTE figue aux Girondins fugitifs qui allaient semer dans le pays la guerre civile, et le lendemain il venait faire part aux Jacobins de la commotion donnée par sa parole, constater d'un regard que sa popularité s'enflait soudain comme un torrent. Il n'était pas le pat'enl ouvrier de rœmre quolidienne. Au conl raire, Robespierre, qui, ne faisant point parlie du premier Comité de Salut public, n ·avait aucune responsabilité dans les erreurs et les malheurs du pa<sé, mettait son autorité intacte à défendre la Convention, le Comité de Salut public el Barère lui-mème si allaqué par )laral, comme à défendre la Constitution attaquée par Chabot et Jacques Roux. Il dit, le 14 jnin, aux Jacobins (et le jour même où le remplacement de Bouchotle au mini,tère de la guerre par Beauharnais provoquait les plus vils orages contre la Convention et le Comité de Salut public) : « Le peuple est sublime, mais les individus sont faibles; cependant dans une tourmente politique, dans une tempête révolutionnaire, il raut un point de ralliement. Le peuple en masse ne peut se gouverner. Ce point de ralliement doit ètre dans Paris. C'est là qu'il faut ramener les contre-révolutionnaires pour les faire tomber sous le glaive de la loi; c'est là que doit être placé Je centre de la Révolution. Tout ce que le peuple pouvait exiger, c'était que la Comention marchât dans le sens de la Révolution; elle y marche actuellement. • J'ai été le premier à manifester ma défiance à l'égard des nobles. Je puis assurer que je suis un des patriotes les plus défiants et les plus mélancoliques qui aient paru depuis la Révolution. Hélas! je vous déclare que j'ai su avec une douleur extrême que Bouchotte n'était plus ministre de la guerre; je n'ai jamais parlé à Bouchotle, je ne l'ai jamais vu, el je déclare que je le regarde comme rhomme qui réunit Je plus de laient et de I atriolisme. « Ouanl à Beaubarnais, je ne me prononcerai point sur s~s qualités morales. Je conviens même qu'à l'Assemblée constituante il n'a pas joué le rôle d'un contre-ré\'olulionnaire, m~is il est noble el il est d'une famille qui élail bien accréditée à la Cour, et cela suffit pour m'emp~cher de lui accorder une entière confiance. Au surplus, je sais que le Comité de Salut public i'a proposé de bonne foi. • Il est des moments où j'ai jugé sévèrement ce Comité; mais, d'après un s,'rie11xexamen, je me suis convaincu que ce Comité désirait sincèrement le salut de la République, el il esl impossible que des liommes occupés d'inléi'èls aussi pressants que mulûplcs ne soient pas exposés à des surprises. JI faut les juger par l'ensemble de leurs travaux, el non pas par leurs opé1·alions partielles. Ne croyez pas que je prêche le modérantisme ; au contraire, je prêche la surveillance la plus rigoureuse. » Doucholle reprit le ministère : m iis comme Robespierre amortissait les chocs 1 comme il »'appliquait à dissiper les défiances! Dienlôl Je Comité de • Salut public sera renouvelé; il deviendra plus homogène el par là plus éner-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==