Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTI~ pas pour répondre aux inculpations dirigées contre lui.» Roux élait sans douta découragé par la terrible séance de la \'Cille aux Jacobins. « Le membre de la Commune demande que provisoirement el en allendant les explications rie Roux, il ne mit plus rédacteur rlrs affiches de 1,1 Commune.» Proposition adoptée. ~lais le lendemain, aux Cordelier,, cùlnmr Hébert s'acharne rnr Roux ! comme il se donne des airs de nohle--,, morale! comine il exalle l'esprit de sacrifice! Collot cl'llel'liois en était l,,ut remué : « Je me sou1•ienclrai toujours de celle apo,lrophc fait,, pJr Hébert : « Yous vous plaignez, Parbiens ; vous déplorez votre situation, vous murmurez contre vos repré,entants. ~Jais songez donc à vos frères clc, départements, qui lou, les jours sont réveillé, par le bruit du canon, 11ui tou, les jours reçoivent _ctes boulets, et qui n'ont pas deu, onces de pain var jour. » Oui, ce fut un beau spectacle, et pour le conter, Collot d'Herbois a de, ressouvenirs de •on métier d'acteur, du temps où le maquillage des figures fondait au feu des chandelle, : « Vous auriez vu Hébert promener le flambeau de la véril é sur la lèle du pr!\tre hypocrite, el faire fondre son masque comme un limon impur qui counait sa l~lc.• El ce n'est pas seulement Jacques Roux qui est exécuté par Collot d'Herbois, par llébert, c'est aussi Leclerc, qui a donné aux Lyonnais, par d'épouvantables menaces, le courage de s'armer pour la contre-révolution: • Leclerc a dit aux Lyonnais qu'ils allaient être guillotinés; qu'ils allaient être jetés dans la rilière; alors ces hommes, naturellement pol Irons, sont devenus braves et ils le sont devenus au détriment des patriotes. » Jacques Roux était-il donc noyé à jamais ? Le 1" juillet, « le Conseil général de la Commune délibérant sur la conduite de l'abbé Jacc1uesRoll\, l'un de ses membres, considérant que ce citoyen a insullé la Con\'enlion dan, J'adresse perfide qu'il lui a présentée ces jours derniers, considérant en outre <1ueses opinions anticiviques l'ont fait chasser des sociétés populaires et du corps électoral, arrête à l'unanimité qu'il improuve sa conduite ». Qu'UéberL se réjouisse I JI peut croire un instant (mais connait-il bien la tênacilé de ce prêtre?) qu'il est enfin débarrassé d'un rival détesté. Hébert trouvait Jacques Roux terriblement incommode. D'abflrd celle popularité étroite, mais I rotonde, toujours renouvelée par des inflllralions sourdes, comme l'eau d'un puits qui jamais ne tarirait, inquiétait la popularité superficielle et bruyante d'llébert. Et puis, en fournissant un prétexte aux émeutes et aux pillage~, Jacques Roux était très importun à la municipalité. li pouvait soudain la compromettre à fond, soit qu'elle laissât faire,

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