Jean Jaurès - La Convention

1610 l!ISTOlllE SOCIAL !STE Pàris, de la rédaction du Bullet/11de ta Commune ; ils faisaient l'extrait des lellr,'s intéressantes, et le procës-verbal des séances du conseil. )fais a1ec quel empressement les chefs ùo la Commune essaient de pro• liter, pour accabler Jacques Roux, de son faux pas à la Convention 1 Dès le lendemaio 26 juin, le Conseil de la Commune, informé ·do l'émeute ,lu savon à la Grenouillère, vote un ordre du Jour qui flétrit tout apprl au pillage, qui dénonce comme des complices de la Vendée tous ceux qui menacent les propriétés; el Chaumelle, voulant évidemment solidariser .Jacques Ilom aYec ces désordres, « donne lecture d'un journal du soir dans lrquel on annonce que Jacques Iloux est venu dans la Convention critiquer la nouvelle Conslilulion el accuser les législateurs d'avoir dans cette Constit11lion f,worisé les accapareurs. Plusieurs membres incriminent les principe:, de l'ahbé Jacques Iloux •. Le Conseil hésitait à entrer en lutte violemment contre un homme qui a-vail au centre môme de Paris une place forte, et contre un sy,tème que le peuple applaudissait. ~lieux rnlail au contraire dis•o•·ier Jacques Ilou, des ,cènes de pillage, el condamner les prcmiè1·es sans mettre en cause celui-ci. Le Conseil de la Commune, se refusant à snine Chaumelle dans la voie ouverte par celui-ci, pas;e à l'ordre du jour sur Jacque; Houx, mai; décide, sur le réqubiloire du procureur, de nommer des commis-aires pour aller prier le comité cl'agricullure de h Conycntion de presser le rapport sur le moyen d'opérer la diminution des denrées. C\tait en somme un succùs ou un demi-succès pour Jacques Rom ; mais à mesure que les pillages s'éten lent dans· le, journées du 27 el du 28, le Conseil, inquiet d'avoir à réprimer des mouvements populaires, sïrrile contre celui qui les justifiait s'il ne les provoquait pas, el quand le 28 au soir Jacques Roux. qui n'avait pas enco,·e été frappé de la foudre que le môme soir Robespierre allait lancer contre lui aux Jacobins, se présente au Con:,eil de l:t Commune pour lui faire agréer la pélilion adoptée déjà. par Ls Cordeliers, le Conseil s'indigne des responsabilités redoutables qu'il prétendait lui imposer: , " \'olre pétition, s'écrie Chaumelle, c'est le tocsin du pillage et de la rérnlulion des propriétés. • Guyot ajoute: « Roux a inscrit dans sa pétition les choses les plus dangereuseo el les plu, anliCil'iques. " D'autres membres regardent Roux • comme la cause de Lous les désordres qui ont fait craindre les citoyens pour les propriétés, et demandent son !'.rclwion du Conseil». 1':lail-ce légal? En tous cas, c'était chose grave, et le débat fut ajourné au lendemai11. Le 20 juin, « au Conseil général de la Commune, un membreremarque gue malgré l'invitation faite au citoyen abbé Jacques Roux, il ne se-présente /

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