HISTOIRE SOCIALISTE anarchistes qui avaienl pu effrayer de bons républicains? Ainsi loul le béné• llce du 31 mai pouvait être compromis; et la Révolution allait se retrouver, même après la douloureuse opération subie, aussi incertaine, aussi divisée contre elle-même qu'au temps où la faction girondine déchainait ses prétentions dans l'Assemblée. Grand était le péril et Robespierre répondit aussitôt à Barère. Non, il ne fallail pas se donner l'apparence de désavouer, même à demi, le 31 mai. Ce fui une insurrection nécesrnire et sans effusion de sang: que la Révolution, qui n'a pu éviter celle redoutable épreuve, en garde du moins Ir bénéfice. C'est là aussi le sens de la note écrite par Robespierre el que j"ai citée. Au mol oplin,isme de Barère, il oppose le caractère nettement contre-révolutionnaire des sections bourgeoises de Lyon, de Marseille, de Dordeam; et à Paris aussi ce mouvement seclionnaire bourgeois aurait abouti à un despotisme oligarchique si le peuple ne s·était soulevé. L'insurrection a été inrlispensable. Il faut qu'elle dure. Quand Robes pie, re écri Lqu'rlle doit êlre continuée, il n'entend pas que le peuple de Paris doit en1•clopper la Convention d'une menace quotidienne el ct·un tumulte étc1·nel. li veut dire que le :H mai doit Nre continué ilans son inspiration géné, ale cl dans ses efforts. La fac lion girondine doit ôtre maintenue dans l'impuissance où le 31 mai el le 2 juin l'ont réduile; el dans toute la France doit se développer !"effort de combat qui, à Paris, a frappé la Gironde. c·est à cette politique que la parole mesurée el forte de Robespierre décida la Convention. ~fais qu'elle ait pu hésiter, qu "elle ail pu, par ses tergiversations, rouvrir l'ère des querelles épuisantes el des contradictions mortelles, c'était un grave danger. Il n'y avait qu·un moyen de le conjurer, C"était de rétablir par l'action l'unité morale de la Convention avec elle-m~me et avec lu peuple. Or, le moyen décisif, c·étail de voler sans délai la Constitution. A ce vole, tous les Convenlionncls pouvaient et devaient concourir, car tous avaient promis une Constitution à la France. Par là, ta Convention ne se laissait aller ni au doute ni aux conseils énervants. Elle mettait un Lerme aux arguties funestes de ceux qui lui disaient qu'étant incomplète elle ne pouvait plus délibérer. Elle artlrmait sa souveraineté révolutionnaire par un acte décisif. Elle donnait à la nation cc que la nation attendait, une organisation délloilive de la liberté, et en faisant de son pouvoir un mage conforme à la volonté certaine de tous, elle retrouvait, malgré la mutilation, l'intégrité de sa force et de son droit. Sans doute ta Constitution ne pouvait être appli• guée tout de suite; il était impossible en pleine tourmente de procéder à un renouvellement de tous les pouvoirs. Mais, du moins, le peuple savait quelle serait sa loi quand l'orage de la guerre extérieure el de la guerre civile serait apaisé. La nation était ainsi débarrassée d'un cauchemar d'incertitude. La Révolution n'apparaissait plus comme une agitation incertaine, sans issue sinon sans objet. On en voyait le terme. C'est à rendre possible l'appli• cation de la Conslilution que tendrait l'el!orl de tous. Le destin de la liberté
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