Jean Jaurès - La Convention

1578 HIS'l'Ollll~ SOCIALIS'l'E s'éleignent-elles•Depuis quand aurions-nous le droit de nous déclarer les h(- ritiers des générations qui n'existent p::s encore? « •.• Le premier devoir des bons g ouvernemenl,, c'est de chel'Cher à calmer la mi,ère du peuple, à substituer à l'b umiliante ressource de la mend;- cit6 le travail el l'amour du travail. El quel plus puissant moyen d'al.eindre ce but que de lais~er perpétuellement dans la société un immen"e fonds de terre à cultiver, qui appelle continuellement les bras du pauvre, qui dissémine l'indigence el qui lni offre, sur tous les points de la RépulJlique, une ressource féconde à ses IJesoins; qui tend insensiblement à.enlever aux arts, corrupteur, du !me, des bras que la culture réclame sans cesse, des hommes dont Le1·asçemMeme11dt ans les vastes séjours de la corrnption et du luxe peut, à cltaquc instant, inq1tiéte1·la tranquillité 'publique, et servir des projets d'ambition ou de tyrannie? « ... N'entendez-vous pas déjà la voix perfide des ambitieux el des tyrans caressant sans cesse la mullilude, la couvrant sans cesse de leurs ba,ses flatteries; sans cesse l'irritant contre cette classe paisible de citoyens qui ne doit sa (or/Une qu'â son industrie et à son travail, sa fortune qui seule fait la richesse de l'Etat et la ressource du pauvre; sans cesse la présentant à celui-ci comoie son véritable patrimoine, pour lui inspirer le désir sacrilè9e de le re111·ewlrepnr la f01·ce... Arrètez leurs progrès en diminuant leurs moyens de l'orlune, en affranchissant d'eux le pauvre, en le disséminant sur tous les points de la République. • C'est donc par une sorte de manœuvre conservatrice, el pour dériver, pour diviser les courants de misère el de révolte que Souhait entend maintenir la propriété communale. Elle n'est point liée par lui à un plan de libération défini live des hommes, mlis au contraire à la perpétuité certaine et inévitalJlr. de la misère : « Portons nos regards non pas seulement sur la pauvreté qui nous entour~, sur la pauvreté de 1î03, mais sw· celle de tous les siècles; consenons-lui le patrimoine ;acré que lui ont lé1,ué nos ancêtres. » El si .SouhaH veut que les pauvres n'aient que l'usufruit des biens communaux, ce n'est pas polll' subsliluer pour Lous les citoyens à Loule la propriété in lividuelle el privilégiée du ·sol un usufruit qui sam·egarde le droit so~ial de tous; non, c'est parce que les pauvres peuvent se contenter d·un u,urruil et ne pas prétendre à cette pleine p ropriélé qui reste d'ailleurs lïdéal des citoyens : les biens communaux ne sont pas dans sa pensée un premier d~gré vers un communisme plus haut et plus vaste; ils sont une diminution de la propriété, mais une diminution qui présene les pauvres de la chute totale dans la misère, le désespoir et l'esprit de révolte : « Remarquez qu'ils ne vous en demandent pas davantage. Q1M71dle pauvre réclame du pain el du travail, il n'exige pas lapropriéll! ou dts IJiens q11ip1·oduise11ct e pain, 011 des matières première, qtt'il lui faut -lire en

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