IIISTOillE SOCIALISTE âmes un trihunal populaire qui connaitra des crimes de lèse-nation, des agiotages, fraudes, monopoles el abus qui se commettraient sur les subsistances de première nécessité, sur l'accaparement el autres. » Ce sont de, mesures de circonstance intéressantes parce qu'elles contiennent quelques traits du socialisme national el municipal; mais les formulrs i:énérales de Robespierre sont bien plus riches de sens. Sainl-Ju5t est 1>lus préoccupé de la distribution politique des pouvoirs que de la définilion de la propriété. II se borne dan, son exposé des molit's à quelques maximes : • Le principe des mœurs est que tout le monde travaille au profil de la patrie, el que personne ne soit asservi ni oisif. « ... Si vous voulez savoir cc,mbien de temps durera votre République, c1lculez la somme de travail que vous y pouvez introduire. » Et il rlonne d~s rapports économiques, dans un article de la section de son projet relative à« l'él:ll de, citoyens» une formule singulièrement naïve: « La loi ne reconnall pa~ ùe mallrc entre les citoyens : elle ne reconnait point ùe domeslicilé. Elle reconnait un engagement égal el sacré de ~ervir entre l'homme qui travaille el celui qui Ir. paie. » Mais en quoi celle déclaration <'lait-elle applicable aux rapports déjà très complexes créés par le système croissant des manu raclures 7 La pensée de nohe•picrre qui se meut dans un ordre plus abstrait en apparence, est bi~n plu, su<,ceplihle d'accommodation à un étal économique el rnri.tl changeant. J'imagine que Robespierre, qui avait vu, après le Dix-.\oùl, la forte pous• sée é~alitaire que la Commune révolutionnaire victorieuse avail propagée, avait pris •es précautions pour le jour où la chute de la Gironde, déterminée par une révolution nouvelle, donnerait un vif élan au peuple. Il avait préparé el comme défini d'avance la concession nécessaire el possible. Et il avait a,\oplé des formules théoriques et un programme pratique qui lui permet laient d'avance de rassurer la propriété rl de donner satisfaction au peuple. C'est évidemment aussi à une pensée politique qu'il obéit lors~u'il foscrit dans sa Déclaration des articles relatirs à la propagande révolutionnaire universelle. Comment l'homme qui s'était opposé à la politique girondine de provocation poumil-il maintenant se donner l'air de braver le monde enlier 7 C'est en avril, sous le coup de la trahison de Dumouriez, que Robespierre propose ,on plan. C'est à une heure où il importe que la Révolution, dont les puisiances conjurées paraissent attendre la chute, oppose aux despotes e.,altés par la trahison une contenance fière. Peul-ôlre aussi Robespierre se dit-il tout ba$ que si Danton s'est compromis avec Dumouriez, s'il l'a soutenu trop longtemps, c'est parce qu'il attendait de lui des succè~ rapides qui permissent d'ouvrir des négociations de paix. Désirer une paix immédiate, n'est-ce pas mettre la Révolution à la merci des généraui qui llennent dans
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