Jean Jaurès - La Convention

IIISTOI!l.E SOCIALISTE se formrr à sa gauche des parli, rem uanls et âpres qui demanda ient pour le peuple non seulement des droits politiques, mais la cerlilude de la vie, et il essayail, par sa rormule de la propriété, d'incorporer décil!ément au droit révolutionnaire celle force populaire el proléta rienne dont il n'avait ni calculé ni m~me pres•enti les futurs développemen ts, mais dont il voulait qu'en tout cas l'obscure destinée future e(lt sa formule juridique dans la Révolu lion. En cc sens, sa défini lion de la propriété était comme un e sorte d'acompte révolutionnaire 11ayéau prolétariat sur son salaire rév olutionnaire, l'ouverture d'un crcrlil sur l'avenir en échange de sou rfîort immédiat. · Dès maintenant, il insérait dans la Déclaration de, Droils proposée par lui quel pies applications préci,es de sa définition sociale de la propriété. l v ut que la Convention inscrive ,tans la charte sociale le droit de Lou, à la lie, le droit au travail, le droit à l'instruction, el l'impôt progressir avec immunité complète du minimum de revenus nécessaire à la vie. Tous les premiers articles de son projet sonl, si je puis dir~, d'une belle allure humaine, et Je vais en reproduire ici l'enchalnem 'nl. • AnT1cLs PRElltf!R.-Le but de Loule association politique esl le maintien des droits naturels el im)rescriptibles de l'homme et le développemeut de toutes ses facultés. • AnT. 2.-Les principaux droits de l'homme sonl celui de pourvoir à la conservation de son existence et la libertl-. « AnT. 3.-Ces droits appartiennent également à Lous les hommes, quelle que soit la dilTércnce de leurs rorces physiques el mor ales. • L'égalité des droits est établie par la nature; la société, loin d'y porter atteinte, ne fait que la ga,·antù- contre l'abus de la for ce qui la rend illusoire. • ART. 4.-La liberté est le pouvoir qui appartient à tout homme d'exercer à son gré toutes ses rac u llés, elle a la Justice pour rôg le, les droits d'autrui pour borne, la naturd pour principe et la loi pour sau vegarde. • ART. 5. - Le droil de s'assembler paisiblement, le droit de manlrester ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de Loule autre manière, sont des conséquences si nécessaires du principe de la liberté de l'homme, que la nécessité de les énoncer suppose, ou la présence, ou Je . ouvenir récent du despotisme. • AnT. 6. - La propriété esl le droit qu'a chaque citoyen de Jouir et de disposer de la portion de bien qui lui est garantie par la loL • AnT. 7. - Le droit de propriété est borné, comme Lous les autres,par l'obligal!on de respecter les droits d'autrui. • AnT. 8.-11 ne peut préjudicier ni à la st\reté, ni à la liberté, ni à l'exislence, ni à la propriété de nos semblables.

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