Jean Jaurès - La Convention

IIISTOlllE SOCIALISTE les OUHier. des mines, encouragés par le mouvement ruvolulionnaire, élevaient leur, e,igenccs et haussaient par exemple, dans la ré~ion du Hainaut el de l'Artois, leurs salaires de O fr. o;; à i fr c,;; par jour, à me~ure que les prolétaires étaient plus confiants et plus hardi,, le, ma!lres des mines se feuillanli•aient. Comme beaucoup d"acquéreur, de biens nationaux étaient, unP fois nantis, atteints de n1odérantisme, les concessionnaires du sous-sol, d'abord si révolutionnaires contre la propriété foncière, devenaient des modrrés. L~s ,oici qui, clTrayês par le Dh-Aoùt, par le 2 septembre, par les projets de loi agraire qui, en donnant forme nouvelle à la question du sol, poum1ient !Jieo donner r,,rme nouvelle à la question du sou;-sol, entrent dan; la résistance et ,e préparent même à émil(rer. Demain, il-; émigreront. Robe,pierre rnnge-t-il à se demander tout haut sïl ne co111iendrnit pa~ d'organiser l'exploitation nationale de ces donuine; minier,? li ne <e,t m~me pas, semble-t-il, interr.,gé là-ùr,<u,. Et s~, ré,erves contre la propriété ont toutes un caract~re rétro~peclif et presque archaïque. Elles menacent le monde ancien que la Révolution a aboli. Et pourtant, quelles que soient les prfcautions pri•es par lui pour ne pa, effrayer, pour ne déchainer ni h pa11i1uedes chefs d'industrie, ni celle des propriétaires fonciers, quoiqu'il éYilr mtme d'abonder, par une all3que un peu insistante contr,' les ace· p·1reur-, ,Jans la politique des Enragé,, la formule qu'il donne du dr.Jit dP propr"ét,·· Jl~Utse pr~ter à de trôs audacieuses interprétations. Tanùh que la Hé,·olution po,ail d'ahoril le droit de pro',riété el ne faisait intervenir qa'ensuitr les rc~triclions ,ociales dont cc droit devait être entouré, Hobespirrre ne ~e conteule p1s cle rappeler, avec Mirabeau, que la propriété est une inslitulion ~ocille. On dirait qu'il pose le droit social a,·ant le droit inilili lue!. L1 propriété, dan, ~, formule, n'e,l que ce qui reste de la propriété quand la ~odé!é a C\Prcé son droit antérieur et supérieur, quand elle a préle'l"é ce qui lui e,t néces,a're pour a,~urer la vie de tous, quanil elle a enle,é à la propriété toutes les pointes par où elle pourrait ble,ser autrui. Dire que la propriété est la libre disposition de• la portion de bien garantie par la loi•• c'c-l faire du droit de propriété un droit secondaire el dérivé qui ne se manifeste qu'après l'alfirmation et l'exercice d'un autre droit. Ajouter que ce droit de ]Jropriété ne peut préjudicier • ni à la sûreté, ni à la libnté, ni à l'exbtence, ni à la propriété • des autres hommes, c'est, théoriquement, faire du droit de propriété une sorte de su,pect contre lequel s'élèvent d"emblée toutes sortes d'hypothèses et de présomptions redoutables; c'est ensuite fonder en droit le, vastes uproprialions que les modillcations de la 1ie économique peuvenL rendre nécessaires plus tard. J'entends bien que Robespierre n'avaiL ni ,u aussi loin, ni môme regardé. Mais il N1vaiLque, politiquement, il avaiL besoin des prolétaires pour éllmlner la Gironde donl l'inertie tra!Lrcsse perdaiL la Révolulion. li voyait

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