Jean Jaurès - La Convention

lllSTIIII\E SOCI.\LIS'l'E parce q11ïl n'c:il que,lion, quant ri p1•,:,e111, que cle l'i-tah!i,sement d'u11 ordre d d'un,• <'dnralion qui a,~urenl le honheur dr l'hom :11P tldn, rc'le , i,•. 111,'m,· e!te= un ;,euple d'flihée.~ el de lllfll,ÔJ'ia!istes,mppr,s• qu'il!/ en eût un. » Par là noi,;;el ,emhle se distinguer profonclémenl cle lloue,pit•1Te qui ronsirlt're la crnyance en Dien el en lïmmo1·talil,• de I âme comme une ro11dilir,n absolue de J'ôducalion morale el de l'ordre social. Sorbkrnrnl, B 1i-<"l paraît athée puisqu'il ne se scrl pas d'emulée de l'idée de Dieu pour orga11i-er la société. ~lais cc n'est là qu'un athéisme lout provisoire, car Boissel ne tanlP ,,.._ à ajouter: « L'idée d'une cause première ou de Dieu est-elle néc,)s,aire pour l'él:iulis-t'menl de l'orJre moral el ùe l'è Incalion ,o i ile? - Elle doit en ê/!'c la base et lc, fondement inibranlable. ,, Qu'est-cc à dire? c'est que, si à la rigueur l'ordre social peul drc organis,1 superficiellement ~ans lï :ée de Dieu, c'est seulement par celle idée qu'il pr,•nd une aswrance profonde. )lais Ilobe~piPrre dcvail sïnquiélcr de ces ùislinclions. Boissel e,l panthéi,t~; el il re:il selon le type de Spino,a, en accenluanl un peu plus que celui-ci lïmmortalilé individuelle el en conce,anl Dieu comme cause au moins autant qne comme suu,lance: • Toul ce qui existe ne I enl êtrt' qu'une reproduction continuelle de la parl de la cause nécessaire, unique el Loule puissante q•1i c,l Dic·u. -1'oul ne peul être quo modilicalion ùe la su!J,tancc Ù<' Dieu. - J'entends e,primer par l'esp~ce le lieu que Loul cc qui exi,le dans la nature occupe dan, l'immens!lé de Dieu, el par le Lemps j'entends exprimer la durée de tous les èlrcs dans son éternité. » Ainsi le monde en un sens se confond a,·cc Dieu : la nature esl la manifestation de Dieu ; loul ce qni est esl un mode ou une catégorie de Dieu. Est-ce que par là des rapports ·e servitude ne vont pas s'êtablir de· l'homme ù. Dieu? Non, car il n·y a pas de commune mesure entre la sul»tance infinie el éternelle el les mo1!c, 1 arliculiers el éphémères qui la manifestent. L'immensité même de Dieu, iucommen,urable avec nous, nous préscrl'C ùu despoli,me divin. Toute tyrannie esl pcliles:ic: « li n'y a pas de conlral entre Dieu el les hommes, l'immense inéi;alilé ùe condilion rend ce conlral impossible; il n'y a donc pas de religion obligaloire. n Il me semule pourtant qu'il y a dans celle foçon de comprendre Dieu un rc,lc de dogme lransccodanl el un pli d'humililé. La sagesse pour l'homme e,t de ne •,,.servir des ,crlus nalurelles que pour opérer le bonheur de ses semhlau!es, sans s·cn prévaloir, mais lJien d'en raiiporlcr tout le mérilP it raulcur de l'univers; riCII 11epeut é9aler la sati,(acti<Jn i11tr!tieure de s'1·11 humilier par la co11victio1& que tout lui appartie11t... » Singulière fu:sion ct·cs-

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