1338 HISTOIRE SOCI.\LISTE qu'il ~è»e dt! la peupler des fonlùrnes de son ima,;inalion. La nature, limpide cl ,a,t,•, ne connait ni le para,li,, ni l'enfer. Toutes ces chimères sedissipenl à rnc•urc que le monde naturel esl mieux connu, qu'il est davantage pour nou~ l< la nalurc >>. De mème, si l'homme savait voir la nature dans son étendue, il constaterait que le bonheur d'un indhidu c;L lié au bonheur cles autres: il r~marquerail que la somme des besoins de rhacun e,t limitée, que la pos,ibililé des plaisirs n'est pas infinie, el qu'il e,t dès lors contraire à l'ordre naturel d'accabler un homme de moyens de jouissances qui excèdent sa faculté naturelle de jouir. L'homme, pour être heureux et jusl.P, doit donc non pas retourner à la nature, mais s'élever à la nat:1re, qui n'e;t en somme que la vaste liaison des choses se rnanileslanl à la raison el déterminée par la science. C'est e:r allant vers l'avenir, c'est en éù.uquaut l'homme qu'on le rendra conforme à la nature el capable de bonheur. Boissel a comme dénoué le nœud où Rou,seau liait l'histoire humaine. Rousseau s·esl trompé qu~nd il a cru qu'il f,tllail retrouver la nature: il faut la trouver. Il s'est trompé aussi quand il a cru que la pro, ri té était le trait caractéristique par où • la société civile » s'opposait à l'étal de la nature; s'il en était ainsi, on ne pourrait abolir la société civile, sans rtlomber clans la sausagerie primitive. Au contraire, le communisme sera un pro::;rès nouveau de la société ciYile, ou plutôt il en sera l'accomplli!sement el la justification. • Co écrivain as-ez renommé a consigné dans nu discours qne celui qui le premier avail dit : ceci est à moi, dernit ètre regardé comme le vrai [omlaleur de la société ch ile ... J.-J. Rousseau n'a rai,onné que d'.rprès le Cailde la fondation originelle de la sociélé civile dont les inconvénien.ts désastreux lai ont fait préférer la 1ie sauvage; mais il n'a pas raisonné d'après le droit ni les principes qui auraient dù Hre et qui devraient aujourd'hlli servir de base el de fondement à la civili5alion, parce qu'il ne les a pas connus; il n'a pas senti par con;équent les précielll avanta0e.:; qui lui auraient fait préferer la vie civile à la ,iu ,~uvage. li n'a ou.vert les yeu.'t que sur l'origine du mal sans s'occuper de la recherche d'aucun remède ni de l'origiue du bien. • Le communisme peut donc !llre réalis ', nou p ir régressi.011, m.ais par prer grès. Il ne sera pas la destrnctioo de la société cilile ; il en sera l'épanouissement. Il sera la vérité dP la nature se dégai;eant ~our la première fois des ténèbres, des ,iolences cl des erreurs. Ce communisme de 13oisscl, s'il e:;l • naturel » au sen, que je viens de dire, u'e,l pas athée. Sans doute l'éducalio11 des hommes ne doi.l.èlre ni $pirilualistc ni déiste. Elle doit êtrn indépendante de toute nodon 11réci.se cie l'à.me el de Dieu. Après avoir donné uue descrj. lion physiologique de la mort et noté la di~:;olulion de l'organisme, 13oisselpose la queslion: « El son âme, que devient-elle? - Celte demanie est bol".! d'œuvre,
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