Jean Jaurès - La Convention

111S1'01 TlE SOCJ..\ LISTR 1510 tumes, didgera tous les hommes ,·ers un centre commun lorsque la repr.·- sentation nationale sera ôtée aux puissances céle,te,, aux oints clu Seigneur, lorsque le genre humain sera réintégré clans ses droits imprescriptibles. • Les diG'érentes espèces d'aristocratie sont des émanations d'une dh-inité ima!(inaire. J'ai prouvé dans difft\rnnts écrits que Dieu n'existe point. Les hommes qui admettent cette chimère doivent se tromper non moins lourdement sur beaucoup d'autres objets; el, à défaut de jugement, celte maladh• morale est déplorable. Cela donne la clef de toutes les duperies dont les charlatans afOigenl l'humanité. Celui qi;i admet t.:n Dieu raisonne mal, el cc mauvais raisonnement en produit ,J'aulres. Ne soye= pas l'esclave du ciel si vous voulez lire libre sur la terre. JI faut à la République de bons rairnnneurs. Tel homme est feuillant par le m(me défaut mental qui le /'end tlu'istr. Je défie que vous connaissie;; bien la 11al1tt'e de la sans-cufotterie si vous admelle;; une nature divine ou µ!astique. Quiconque a la débilité de croire en Dieu ne saurait avoir la sagacité de conm,ltre le genre humain, le souverain unique. Prenez les hommes un à un, vous gémirez sur leur ineptie; pr,,nez-les en mas,e et vous admirerez le génie de la nature. ~ous sommrs étonné; chaque jour des prodiges du peuple libre; c'est que le peuple, la c,)!!ection <lesindividus, en sait plus qu'aucun individu en particulier, et qua11dce peuple srra composé de la totalité des humains, on ,•erra des prodige, bien plu; étonnants. Les tètes f,iibles qui voudtont w, dieu en trouveront sw· la terre, sans aller chercher je ne sais quel sou,erain à tra,ers les nuages. Les croyants disent que le monde ne s'est pas fait lui-m6me el certainement ils ont rabon; mais Dieu non pius ne ,'est pas fait lui-même, et vous n'en conclurez pas quïl \ e,iste un être plus ancien que Dieu. Celle progression nous mènerait à la tortue des Indien,. La question sur l'existence de Dieu (J'lteos) est mal posée, car il faut savoir préalablement si le monde (cosmos) est un ouvrage. Demandez donc la question préalable, el vcu, passerez à l'ordre du jour dans le silence de vos adversaires stupéfaits. • La comparaison de l'horloge et de l'horloger dont les tbéomanes éblouissent les simples, est un tour de gibecière morale que la réflexion peut apprécier à sa juste valeur. Voilà Ulle montre, un palais, un obflisque, je ne vois rien de semblable dans le règne animal, ou végétal, ou minéral. Je ne retrouve pas ici les lois de la génération _et de la végétation; et, à défaut de la nature, {ai recours à l'art, à la main de l'homme, pour expliquer l'e~islence de la montre, du palais et de l'obélisque. Je sais qu·un talJleau, un poème, une tragédie ne croissent pas comme des champi~nons; je sais que le peintre et le poète qui copient la nature agissent différemment que l'homme qui fait un enfant; mais celle différence ne me fera pas adopter une similitude entre l'architecte de ma maison et le prétendu architecte de la nature. Evitons le cercle vicieux. Nous avons la manie des comparaisons; celle manie a donné lieu à La chimère divine, comme si la nature, source féconde de toute comparaison,

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