1488 JIISTO!l\E SOCIALISTE tout travail, quelque générale que soit sa puissance cl'éducation el clïn,lruclion, a nécc»airemenl une forme déterminée, il se matérialise en cle, objets déterminés, susceptibles de deYcnir marchandises; cl Lcpelletier prévoit même que les enfanls pourronl aller travailler par[ois, à li Ire d'essai el pour s'assouplir à des l/Lchesvariées et précises, clans la manufacture voisine. De là une certaine production qui allénuerail la dépense. Qu'est-ce à dire? et que signifienl ces détnils, assez futiles, semhlc-t-il, sinon que Lepellclier s'emploie à con"nincrc ln Convention qu'à tous les égards son plan esl réalisable et qu'il s'accommode aux difficultés financières de la R6volulion comme à celle pnrl de préjugés qu'il n'est pas possible d'éliminer en un jour? li a clone cru, d'une foi très forte et très noble, qu'il apportait un plan de réalisalion immédiate. Et après tout, où est l'utopie? et qu'y a-t-il donc de chimérique dans ce système? Ce qui me frappe dans le plan de Lepellelier;c'est qu'il est au contraire le terme idéal \'ers lequel évolue l'organisalion de l'enseignement dans la démocratie française. Ccrte;, la République n'a pas réalisé, même dans la première période, l'internat commun à loules les classes sociales. :-.rnme si l'on fail abstraction de la question de Iïnlernal, lrès contro\'ersée, la démocratie française n'a pas encore confondu, dans un enseignement initial unique, les ffü des bourgeois el les fils des prolétaires. ~lais c'esl vers le lype de l'éducation commune que lout nolre syslèmc se meuL. D'abord, même avec l'externat, les enfants sonl retenus ou à l'école ou au collège, non pas quelques heures seulemenl comme le cfoail Lepelletier pour le projet de <:onclorcet, mais toutes les heure;; du jour el lous les jour. de la semaine. L'action de la wmmunauté sociale sur les jeunes esprils est ainsi portée au plus haut. En second lieu, il appar,til de plus en plus au parti républicain que l'enseignement est, par c,sencc, un service pulJlic, un service social, destiné à metLre tous les e;;prils en harmonie avec les conditions vitalrs des démocralies modernes. Enfin, l'efforl pour identifier le premier cycle du programme des collèges el lycées fréquentés par la bourgeoisie avec le programme des écoles primaires fréquentées par le peuple ouvrier, tend à con[ondre, dans sa première phase, l'éducalion ouvrière et l'éducation bourgeoise. Après la communauté du programme viendra naturellement la communauté d'élablissemenl et de discipline. L'amélioration constante dans le régime el l'hygiène des écoles primaires allénuera peu à peu les résistances de la bourgeoisie à la cohabitation el à la fusion scolaire des deux classes. De même qu'elle est obligée maintenant d'accepler pour ses ms la communauté de la vie de caserne, elle sera condu ile par le progrès des mœurs el des lois à accepter la communaulé de la \'ie de l'école. Enfin, les sub venlions municipales· pour l'achat des livres et fournitures scolaires, les caisses des écoles pour l'habillement des écoliers, les canlines scolaires souvent gratuites, tendent à décharger les familles ouvrières de l'entrelien des enfants pendant la période de scolarité. Ce
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