Jean Jaurès - La Convention

Hl:'11'01HE SOCIALISTE nu pour le roi contre le peuple. Et la royanlé san,ée rendra au~ riches, par l'attiédissement général de ln Révolution, ce qu'elle aura reçu rl'eux. Ainsi Rohespiecrr approrondis•ail tout cn,,•ml,lr rt Pnvrnimait le problème; el comme d'habitude, avec une forer de dial,•ct,qne étonnamment pressante, il convertissait les suite, probables 011 po-sihlrs ries choses eu intentions formelle,, en ,'esscins délibérés et prél'Ï, ,Je l'ennemi : " Voilà le but affreux que l'hypocri,ie la plus r,rntonde, ,lisons le mol, que la friponnerie ia plus déhont,•c ,·ache sous le nom de la som erainelé du peuple qu'elle veut anéantir. • Vérité el fiel : pointe arérée et jalouse qui. au font! mŒmr de la l1les,11re qu'elle fouille el qu'elle '<t1éril, laiss1• une goutte ilC' VL'nin. Qnan,I je lis et relis ce ,liscours et que je m'inter1·og,-, je d!',m.'·le en moi une émoti Ht irrilée et nne admiration qui n'e,L point toujours sans malai,r. Je sais gré à R"IJespierre d'a10ir vu ,i juste et d'avoir parlé si r.. rtemeut; je lui ,ais gré rJ'avoir évoqué, contre les influences funesle, <JUiallaie11L égarer la llévolulion, 1n<'me le, puis,ances de l'envie et de la haine, el d'aYuir mis l'ob,cure révolte sociale au service do la liberlé mei;acéc. ~lai, je lui en veux de mêler un accent de p •rsonnelle raucune et un besoin de personnelles repré;allles il son âpre ré 1uisitoire; je lui en veux d'avoir contribué. par ses calomuie, homici les de septembre, à fournir au, Girnndins le prétexte dont leur conscience un peu vaine avait be,oin. El pourtant, Robespierre, ici, avait si pleinement rai,on, il a1ait si bien le droit d'être irrité par la menrnrigi>re invocation de la sou1er,1inelé oalion1\e el par l'intrigue de parti qui n,ellait la Révolution en péril, que l'on finit parfois par ouhlit'r que lui-mème ne s'oublie point. Cc qu'il y a ùe beau dans Ir discours de \'ergoi aud, qui lui répondit trois jour, aprl·s, c'est lïnspiration de générosité qui harn,oni,e les parties du discours les plus dispar,,tes, en apparence, et les plus conlrairc,; c'esl la sérénilé un peu trbte, qui enveloppe el adoucit môme le, pas,age, de colère. Certes, il ne ménage pas Robespierre et sa factiou : il accuse a,ec l'ahonrlance el la vrh(•mcnce d'une il.me longtemps contenue et qui éclate enfin; et quand il r,1ppelle à llohespierre qu'aux journee, de péril il se cacha dans un sou Lerrain, quand il demande à ceux qui vont déch,ilner la guerre el peut être affamer le peuple, s'ils pourront le nourrir avec les lamheaux $anglants de, 1iclime.,: • Voulez-vous du rnng 7 Prene,, en voici, dn sang el des 1iclimes •, quand il élargit ain,i le charnier de seplembre pour y ensevelir l'honn<'ur même tle ceux qu'il combat, ce sonl e terribles parolPs; el pourtant, on n'y fent aucune haine intérieure, sournoi,e et profonde: c'e:;l la bru,qu,· e,pan- ~ion d'une Ame noble et un peu indolente, qui se ré,olte un jour conlrc ce qui I 1i parait injuste ou barb:1re, mais qui e,l émue de plu, Ile pitié sur la folie mauvaise de; hommes qu de ressenli,nenl indiliduel. Peut-Nie au,si la •

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