910 l!ISTOIIlE SOCL\LIS'l'ls une di,c11,-ion éterncllr. ~ans limite el sin, rond, ouverte dans des assemhlées clonl ..n 1wpo111ail borner la compétence it la question de la peine, C'était la déri,ion ct,, la -ouYeraincl•' nationale, p11isqur les pauvres absorhés par le tra1ail de l'haquP jour ne pot11aienl ètre as,i,ius il ces longs et int ..rminahles débats. El pendant qur la nation srra p iralysée par celle rlélih6ralion immen~e el (parse, pendant que ses éner,;ies seront comme dévorées rnr place par une discussion dont nul ne peul prévoir le terme, les ennP.mi,; enrnhiront le territoire : • Ils trourcront la nation délibérant sur Louis XVI; ils la trouveront occupée ü déeider sïl a mérité la mort, interrogeant le Code pénal, ou pesant les motifs de le traiter avec indulgence ou avec sélérilè; ils la surprcnrlronl agitée, épuisée, fatiguée par le, scandaleuses discussions. Alors, si le, intrépi les amis de la liberté, aujour,l'hui persécutés avrc tant de fureur, ne sont poiut encore immol(•s, ils auron l quelque chose de mieux à faire que de disputer sur un point de procédure : il faudra qu'ils volent à la cléfen,e de la patrie, il faudra qu'ils laissent les tribunes el le théâtre des ~•sembl&es, converties en arènes de chic1neurs, aux ricltes, amis na /tirets de la monarchie, au, égoîsles, au, hommes làches PL faibles, à Lons les champions du feuillantisme el de l'arisl ocralie ... • Ain,i, tandis que tous les citoyens les plus courageux répandraient le reste de leur sang pour la patrie, la lie de la nation, les hommes les plus lâches el les plus corrompus, tom les reptiles de la chicane, tous les bourqeois orqueilleux et aristocrates, tous les hommes nés pour ramper et pour opprimer sous un roi, maltres des assemblées désertées par la vertu simple et indi~ente, détruiraient impunément l'ouvrage des héros de la liberté, li1rerail'11l et leurs femme, et leurs enfants à la servitude, el seuls dècidcraient insolemment des de,tinées de l'État. • c·esl tonte la clientèle girondine, bourgeoisie de chicane ou bourgPobie du haut négoce, dominante encore dans les municipalités, que Robespierre dc.-sin·c ici d'un trnil implacable. Le prétendu appel au peuple ne sera, en réalité, qu'un appel à la bourgeoisie contre le peuple. Voici que l'unité première de la Hévolution se di•sout et que la lutte engagée autom du µrorè, du roi apparait comme une lulle de classes dans la société de la Ilévolulion. On dirait que Robespierre, redouta nt l'influence éblouissante encore de la Gironde et de la grande bourgeoisie révolutionnaire, appelle à lui du fo11ù ùe la terre toutes les forces inorganiques du prolétariat. Que les riches ,auvent le roi, que les pauvres sauvent la Hévolution. Vraiment, c'était bien un abîme de guerre civile qu'allait ouvrir rappel au peuple : guerre civile, creu,éc bieutôl en guerre sociale. C'est bien le salut du roi que l'on ~e propose: à me,ure que les jours s'écoulent, l'impression des crimes de Louis s'atténue, et plus on s'éloigne du Dh-Aoüt, plus les chance,; du coupable augmentent. L'appel au peuple, c'est encore une façon de gagner du temps
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