Jean Jaurès - La Convention

111s·ro11rn S0CI.\LlS'l'B 1407 journaux girondins, celui de Condorccl comme celui de Brissol, n'étaienl pos fâchés de dénoncer le bigotisme démocratique ,le cel « esprit prêtre•, allié eonlre les lumières du bigotisme janséniste : et ils foryaienl les cho,cs en ce sens. A propos des séances du 15 et du 16 décembre 1792, où Jacob Dupont, DÙco~,Lequinio répondircnl à Dmand-Maillane, le Patriote françai, dit: • jacob Dupont a sapé d'une main courageuse l'empire des prMres, q;te nos anarcliistes veulent raffermir. Danton avait parlé des consolations que l'on veut enlever au peuple, en le délivrant du joug sacerdotal. Daponl a observé qu'il ne voyait rien de fort consolanl pour un moribond d'enlerrùre un prêtre lui débiter des contes auxquels il ne croit pas lui-mème, et il a 01>- posé à ce tnbleau Condorcet recueillant Je dernier soupir de d'Alembert. « C'était un spectacle curieux poui- un ohserrnteur de voir, d'un côlé le calme de l'orateur philosophe, et de l'autre les mouvements, les contorsions, les cris d'une partie de la Montagne, et surtout des prêtres et des évêques qui se trouvent encore, quoique en pelil nombre, dans la Convention. On eùt dit (j'emprunte à ces messieurs un objet de comparaison) que Dupont otait un exorcisle au milieu d'une bande de possédés.» El Condorcet dit dans la Chronique de Paris : • Lequinio et Ducos ont soutenu l'ulflité, la nécessité d'in,truire le peuple, l'un comme un philosophe qui s'est dévoué depuis longtemps à instruire les habitants des campagnes, à défendre leurs intérêts; l'aut1·e, a1·eccette finesse d"esprit el de goût que la philosophie el l'amour de la liberté roudraienl voir opposer plus souvent à celle barbarie de style et d'idées dont on rnu,blc ,e plaire ù nous donner Je 1-rtcepte el l'exemple. » Polémiques el épigrammes I La Gironde (ce n'est point pour Condorcet que Je dis cela) se lai.5sait aller, pour taquiner Robespierre, au delà de sa propre i,ensée. Elle était tout entière d"accord avec Ducos, avec Lcquinio, a1·ecJacob Dupont, pour proposer une instruction libre de Ioule attache confessionnelle, pour glorifier la philosophie el la science. Mais Jacob Dupont allait au delà, el il professait publiquement l'athéisme auquel la plupart des Girondins répugnaient presque autant que Robespierre. ~lais l'agres,ion .de Durand-Maillane conlrc les lumières avait excité les esprits, el les orateurs :ationalistes défendaient la pensée générale de Condorcet avec une véhémence antichrétienne o.ù Condorcet lui-même n'avait pas abondé. Ducos fut très net el très; vif : c Un orateur (Durand-Maillane) a paru afOigé de voir les prêtres exclus du Jlllll d'enseignement public proposé par le Comité. Je ne ferai point à la Convention l'injure de justifier celle séparation entre l'enseignement de la morale qui est la même pour tous les hommes, et celui des religions qui varient au gré despieuses fantaisies et de l'imagination. Cel opinant sans doute n'au-

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