1460 ll lSTOll\ E SOC IALI STE con~cicncc plus nette, dans celle opposition môme, de ce qu'il y avait d'essen• tic! et rie décisif dans sa propre pensée; mais Lousdisaient que la Révolution saurait faire sa gerbe sur toute l'étendue du champ non encore divisé. ~lême dans les jours tragiques qui annonçaient el préparaient la catastrophe, il y avait d~s trèves soudaines; el quan<l on délibérait sur la Constitution, Vergniaud et Danton se rencontraient sur les mômes hauteurs. Ceux qui allaient Nre frappés mettaient une sorte de coquetterie sublime à se rattacher par leurs pensées les plus nobles à celle Révolution, d'où la colère brutale du peu. pic semblait vouloir les retrancher. Et ceux qui allaient frapper se plaisaient à constater entre eux el ceux-là mêmes qu'ils croyaient devoir sacrifier à l'intérêt public je ne sais quelle douloureuse identité des pensées essentielles, comme pour légitimer de leur prop1•esou[rance le coup qu'ils allaient porter. La Convention pourra se décimer elle-même, toujours elle gardera ce large patl'iruoine initial qu'elle constitua au début avec toutes les richesses de tous les esprits. Lepellelier de Saint-Fargeau ouvre l'exposé de son plan d'éducation nationale par ces moLs : • L1 Convention nationale doit trois monuments à l'histoire : la Conslitutioa, le Code des lois civiles, l'Etlucalion publique." Or, dès los premiers mois, le dessin de ces monuments éhil tracé à. grands trJils, Pl des parties de l'édifice s'élevaient déjà. O.rns les questions relatb·es à l'in.struclionel à l'éducation publiques, c'est le plan de Condorcet légué à la Con,-venlion par la Législative, qui semble d"abord le rendez-vou. des esprits. Il est lout au moins le point central autour duquel s'en;;age la.bataille des idées. Il esL critiqué par ceux qui trouvent qu'il abonde trop dans le sms de l'Encyctopédie, qtt'il est trop complaisant aux lu:nières du sioole. Ceu1-là, comme le janséniste Durartd-.Maillaoe, combinant une sorte. d'ascétisme iutellectuel avec les paradoxes de Jeau-Jaeijues, el lo rig,orisme chrétien aveo ce qu'on a appelé le• piNisrne démooratiqne, protestent au nom des mœurs et au nom de l'égalité conlce de3 sy~lèmes d'instruction trop mondains el trop ambitieux, qui ri5.lluent de compromellre dans le peuple l'innocence de la pensée et de la vie, el de créer au-dessus du peuple une oligarchie de savants orgueilleux et égoïste~. Robespierre, frère cadet du Vicafoe Savoyazdi, a·vaH•ilquelqllll leirdresse pour ces doctrines d'abnégation et de restriction intellectuelle? Estimait-il que, daos l'ordre-du savoir aussi, il n'était pu bon d'a,voir plus œ trois mille livres de r~v-ellilel qu'une 11011.oétiegnorance était le complément déœocra tiiue d"une ho nnéte pauvreté1 Ce serait, je crois, foroer siugulièrement sa. pensée>;el Je note-que bientôt, quand il adoptera, quand il présentera à la Convel\tion le projet de Lepellelier, il l'adoptera tout enli.er, c'esl-à--dire avee la haale seienoe-qni en est le sommet comrne avec l'égalité quasi communisle qui eir est la base. Lei
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