Jean Jaurès - La Convention

lllSTOlllE SOClALlSTF. 1383 pas (ail échouer les s,,g,s mesures qu, nous ai•onsprises tant de fois 11011r extermine,· nos ennemis? C'est lui avec Danton qui. par t,ur coupable rhistance, nous ont réduits au modt'ranti.,mP drm, les jounu'es du 31 mfli; c'est leqmdre et Danton qui se sont opposf, aux mo1tp1H 1·11,·ol,,tiomuiires que 11011, avions pris dam ces grands jours pow· rrm,er tom les aristocrate, de Paris; c'nt Legendre qui a paralysé nos bras; c·P-l Legendre aujourd'hui qui dément nos principes. Je demande que, sans discussion, la soci•\lé J,,chas,e de son sein. » On peutêlre assuré que Danton qui avail su, par la proposition de, administrateurs de police .\larino et )liche!, jusqu'où pouvaient aller Ct>rlains esprits, n'avait promis son concour. si ulile, qu'à condition que l'Evèché éliminàl tonte politique de massacre. El les Enrac;és, qui auraient 1oulu en finir par un renouvellement des journées de septembre, rongeaient leur frein. Je trouve dans un rapport de police sur la sfance des Cordeliers du 12 mar, 1ï9\ (publiée par Schmidt), unP allusion lrès uelle aux démarches fail~s 1iar Chabot à la fin de mai et au co rnmencemrnt de juin pnur empêcher le massacre des Gironrlin, : « ~Iagnin ou ~[min a dem rnd6 la p~role sur l'existence c1·une faction dans le sein de la Conwn lion nationale. Il a dit que celle faction exbtait bien avanl le 31 mai. li en a cil6 pom preuve une démarche que Chabot et Léonard Ilourùon firent auprès du Comité central qui venait de se ~ai,ir du pouvoir el qui dirigeait lïnsurreclio n. L'orateur a pris à témoin un membre de ce Comité qui était présent à l'assemhl,\e. Ce membre a dit qne Chabot et Uonard Ilrnrdon étaient e!Iectivement 1·enu, trou ver le Comité; qu'ils avaient voulu se rendre eomplc de, motifs qui fai,aient agir le Comité; qu'ils avaient menacé Paris de toute la vengeance des départements, si l'on portait la main snr un seul député; quïls avaient dit que les chefs des députés, qu'on regardait comm~ ennemi, de l'~tal, a1aienl donné leur démi»ion; que, par conséquent, il, ne seraient plus dangereux, el que l'insurrrection devenait inutile ... « lléberl, qui avail vu venir Chabot el Léonard Ilourdon au Comité central, a allesté la vérité de ce qu'on venait de dire. Il a dit qu'il fallait enfin déchirer le voile, que l'on voulait faire le procès aux palrioles qui avaient alors sauvé la République, qu'il fallait se reporter à celle époque. • Certes, il est impossible de se fier pleinement à un rapport de police. Surtout en ces journées de mars 1794, où les héhertistes, allaqué,; par les dantonistes, cherchaient à prouver que seuls ils avaient combattu vigoureusement pour la R6volution, il se peut qu'Hébert et ses amis aient exagfré les sentiments de modération de Chabot au 31 mai. Je crois pourtant que celui-ci, qui, depuis le, réuaions du café Corazza, aspirait, comme nous l'a 1·onsvu, à servir d'intermédiaire entre les Jacobins el les Enragés, s'est employé à détourner ceu1-ci de toute entreprise sanglante. Et je ne serais point surpris

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