Jean Jaurès - La Convention

1382 JIIS'l'OIHE SOCIALIS'rl, une harmunie presque compl~te entre Pache el lui. Si la Commune elle• même c1<-,app1ou,ait l'insurrection cl se trouvait ccpcnùanl hors d'état ùe l'rmp,'cher, qui pourra h)(lnwr le ministre, beaucoup moins riche que la Co111111u11c l'll mO)Cn, d'actio11. de n·a,oir pas pu ro11lriser les événemc11tsT • l'ilrhc déplorait, et je déplorais avec lui u 1 C'était, ~emhll'·l-il. un<•déploration générale, une symphonie triste où le pJ,mi,,enwnl roinisleriel r(•pnnilail au gémi,,ement mu11icipal. JI y a pourtant 11nc nua11c,•. P,1rhe ne parlait gurre, el Giral ha\'ar lait infiniment. Pache ~a\'ail ,·e •111ïlvoulait, cl Garat ne le ,a mil point. P,cchc a1•ait pris son parti ,ur la question es,t•nti"1 1 ,• : -ur l' liminalion nèce,sairc de la Gironrle. JI diflérnil aH<' l'tvèché sur 1(, choix des mnyen, cl de l'lreure. li aurait préféré, ,ans doute, que l'enlratncmenl du I eu pie fill plus général el plus \'aslc. li aurait so11hailé que les aulorit, s c.onslitu~es ,le Paris eussent la conduite des opérations. JI eraig-nail que la petite minorilé ernllée de !'Évêché ne sup.- pléàl par de, coup, cle viol,•nc!', peut-Nre par des enlrerri,es ,anglanles, a la grande force populaire qui ne paraissait pa,; s'émouvoir encore suffl,amment. El c'esl celle crainte qui lui donnait c,•tle gravi lé silenrieu-e el un peu triste oil Garat a cru voir un reflel de sa propre douleur bavarde el impuissante. ~lai, si Pache arnit des in~uiélmie•, du moins, il était décidé à marcher, m1'111eavec l'Évéch(I, s'il le fallait; et de1anl le Comilô ùe salut public, il s'abstenait ue toute paroi,• de hlàme. 11 se rë,ervail ain,i d'entrer darJS le mou,emenl, quand l'heure décisive serail 11'n11P.El il se ras-11rail en se disant que si la journée ùu lendemain pournit r!'cél!'r hien 1.es ,ecrets douloureux el des surprises sanglantes, du moins l'intention d1•sme11eur,, leur plan était de s'abslenir de Loule 1iolence contre les pers,J11n<•s.A coup ,or, fil')l>espierre, Danton, Maral lui-:nême, avanl de con-entir au mouvernenl en aYaient obtenu l'assurance, el le mol • d'insuireclion mnralr " cmplo)é celle nuit mtme pàr Lhuillier devant le Comité rie •alul puhlie e,primail la pensée non seulement des aulorilcs consliluée, el du pro1'ureur ') ndic, mais aus,i de la réunion de !'Evêché. Les Enra~é,; du moins quclque,-uns d'entre eu,, auraient voulu l'exécution i111méùialP, • l'exécution populaire • des Girondin,. Quand, lei" ;uin, à la Communr, Yarlel se plainl 11uc P,tche n'ait pas été co1his;né pendant vingtquatre heures (comme le fut Pction au 10 aoùl), quand il dit« qu'étant revèlu d'une autorité légale il peul Olrc nuisible à la ll•\volulion •• il veut ouvrir libre cardère à toulcs le, , i ,1,•nces des Enragés. :li ais il n'ose pa,; propo,er ouvcrleme11t le meurtre des Girondins. El il est certain qu'un accord préalable s'était fait pour quïl n'y eQl vas, en ces journées r~volulionnaires, eltusion de sang. Pius tard, aui Cordeliers, dans la séance du 27 juin, le Lyon• nais Leclerc accusait Danton et les dantonistes de s'être opposés, le .31 mai, aux me~ures vigoureuse, : • Je demande que L_egendre soit rayé du tableau des Cordelier.;. N 11-l-il

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==