Jean Jaurès - La Convention

HISTOIRE SOCIALISTE i3i:i mouvement à Paris, que le soir, au, Jacobins, llassenl'ralz lui-même insista sur la sauvegarùe néces,;aire des propriétés. Après avoir rappelé que le premier soin des sections révolutionnaires avail été d'en jurer le respect, il associe les Jacobins à ce serment : • li importe que les cilorens s·occupen Ld'abord du soin de tran,ruilli~er les esprits rnr le sort de, propriété,. Les scélérats ont imprimé el sont persuadés iolimcment qu'il y a impo,sibililé physique qu'il se commelle la moind,·e violati, n des propriétés; et, cependant, ils feignent toujours de redouter ce pillage pour a voir occasion de calomnier les patriotes. " Rabaul a dit : « Sïl y a pillage, il doit commencer par les m~ublcs •· Or, il y a c,,nLsoixante mille hommes domiciliés qui sont armés el en état de repomsn les 10lc11r,. li e,t clair quïl y a impossibilité absolue d'attenter aux propriété:;. r.·e,l donc pour dé,unir les palrioles el opérer la conlre-ré10lulion qu'on feint d"éprouver el qu'on cherche à exciter des alarmes. li faut que toute la l\épublique s.,cho que les propriétés sont sous la sauvegarde des srns-culottes, et je demande que Lous les membres de celle société prennent ici l'engagrmenl de périr plutôt que de laisser 1,orler alleinle au, propriétés .• A cc moment, tous les Jacobins se lèvenl et prêlenl unanimement Je serment. « Je demande, reprend llassenfrati, que cet élan sublime de patriotisme soit imprimé dans le procès-rnrbal, inséré dans tous les journaux et publié dans Ioule la Rt 1publique. ,._ El il conclut : • Je viens rle rendre compte des me,ures de la majorité des sections de Paris. Elles ,'occupent ùe punir les trallre,. Je rais à mon poste. • li allait à l'f:v~ché. C'é'tail avertir les Jacobins qu'à !"Évêché était mainteoanl la Rérnlulion agis,ante. llaral n'avait dit que deux mols ce jour-là à la Convention; el il ne parut pas aux Jacobins. A1cc son instinct révolulionnaire si direct et si clairvoyant c'est à !'Évêché qu'il alla tout droit. Et, en un discours qu'Esquiro, a reconstitué sur des noles que lui a communiquées la sœur de )larat, l'ami du peuple résuma, non sans gravité el sans hauteur, ses griefs contre la Gironde. Ce quïl lui reprochait surtout, c'était d'avoir, par sa complaisance pour les généraux, paralys6 ou compromis la défense nationale. El il demandait au peuple àe se lever enfin, d'entourer en armes la Co01entio11el d'exiger qu"elle livrât les Girondins les plus compromis. Ce n'était point le massacre qu'il conseillait. C'esl à la justice révolutionnaire qu'il voulait liHer la Gironde. Depuis que Je vent commençait à souffler cu tempête, il avait constamment pris à parlie la Gironde, au moins qua11ù ses for~es ,téj'l bien atteintes lui permetlaienl d'écrire. li avait accusé Pélion; il avail violemment dénoncé les aristocrates des sections qui, un jour, l'avaient injurié. li avait allongé, et de beaucoup, la liste des vingt-deux, et c'est contre près de quatre-vingts dé-

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