Jean Jaurès - La Convention

1374 HISTOIRE SOCIALISTE depuis mar,. cf:;ayail, comme nous l'avons vu, de servir de lien entre les Jacobin, el les Enragés. Lanjuinais, dans la séance du 30 mai, le dénonce· commr complice de Yarlel dans un projet de conspiration. C'est, sans doute, de crue 6poque que datent ses relations avec Lhuillier. Je suis donc tenté de croire que celui-ci a cherché une voie intermédiaire entre l'aclion imprudente, selon lui, el exce,sive des Enragés réunis à l'Él'ôché, el le systôme de temporisalion où s'allardaienl la Commune el les Jacobins. El il est vrai que Hobespierrr sPmhle, lui aussi, a\'oir cherché celle voie intermédiaire. De là sa rencontre d"un instant avec Lhuillier. L'inilialive de celui-ci était agréable, égalrment, à la Commune qui était dispensée par là de prendre des initiatives redoutahlc~, el qui trouvait dans la convocation lancée 'par le département, pour le 31 mai, un prétexte commode à opposer aux impatiences de l'Érècho qui voulait marcher tout de suite. li t'tait clair que la force d'élan n'était ni à la Convrnlion, ni à la Commune, ni aux Jacobins. A la Convention, la ,éance du 30 avait été, si l'on peul dire, inertlcace : journée d'allenle où les pélilionnairesdes ,cclionsarnient reproduit leurs demandrs habituelles contre les Douze, mais sans amener avec eux la fol'Ce du peuple, el sans que la Convention lassée cl commr indifîérenle parût s'émouvoir. Lanjuinais dénonça avec force la « conspiration de !'Évêché • : • L'un des lieux où l'on conspire en ce momenl esl l'f:vêché: c'esl là que se rassemblent les électeurs illégalement nommés du 10 aoûl dernier, les plus audacieux meneurs des Jacobins el des serlions, les citoyens les plus capable, de favoriser de, horreurs, les hommes les plus faciles à induire en erreur. Celle assemblée a formé un comité d'exécution, un comilé dictatorial. Ecoutez re qu'a dit derni~remrnl Ilas~enfralz, en présence de milliers de ci loyens : • f--0111Pnez-\'011d,u 10 aoùl; avant celle époque, les opinions étaient « parla)?(·c, •nr la République: mais à peine avcz-\'ous porté un coup décisif, • tout a g-ardé le 3ilence. Le momenl de l'rapper dè nouveaux coups est arrivé; « ne craignez rien des départements : je les ai parcourus, je les connais « Lous; anc un p1•ude terreur el des inslruclion,, nous tournerons les esprits « il notre gr~. Les (!(>parlement, éloignés suivent l'impulsion que Paris leur « donne; pour ceux qui nous environnent, plusieur, nous sont dévoués. Celui « <IP \"ersaille,, par exemple, est prèl i1 nous seconder : au premier· coup de « canon d'alarme, il nous viendra de Versai liés une armée formidable, el nous « lomherons sur les égoïsles, c'esl-à-dire sur les riches. Oui, l'insurreclion • del'ient ici un del'oir contre la majorité corrompue de la Convention. • Celle majol"ité prolesla par des murmures conlre la violence des propos d'Jla;senfralz, reproduit~ cl exagérés peuUlre par Lanjuinais. ~lais elle n'avait plu~ la, igueur a,-l'ofîen,ive; clic allendail. c•e~l, sans doute, pour répondre au discours de Lanjuinais cl pour rassurer les propriétaires sans lesquels il était impossible d'espérer un vasle

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