1376 HISTOIRE SOCIAL !STE putés de la Gironde qu'il demandait des mesures de rigueur. Mais il n'y a pas dans un seul de ses articles de cette époque une parole de sang. 11évite toutes les violences, tous les appels au meurtre qui abondent dans le Père Duchesne. Il ne désavoue pas les massacres de septembre, il les appelle « des exécutions populaires», mais quand li polémique contre Pétion qui, volontiers, flétrissait les massacreur;; de septembre, ce n'est pas par une apologie des massacres qu'il lui répond. li constate seulement qu'il aurait pu, comme maire, les empêcher el qu'il n'en a rien fait. Evidemment, il n'en désire pas le renouvellement, il sait qu'à égorger les Girondins on soulèverait toute la France. Un moment on put croire qu'il compta, comme Robespierre, sur ce que nous appellerions aujourd'hui une a!·lion purement parlementaire, et il allache une très ~rancie importance à ce que l'appel nominal soit inscrit au règlement de la Convenlio a. Il n'avait pa-. je crois, grande sympathie pour Hébert qu'il méprisait pour son ignorance et sa grossièreté. Il proteste avec violence contre la Commission des Douze qui veut jeter dans les cachots « les patriotes les plus chauds •• mais il ne. parle guère d 'Hébert qu'incidemmenl : • Garat, dit-il, fait voir l'injustice de l'incarcération du subslilut du procureur de la Commune, ordonnée comme mesure de sOrelé publique, mais uniquement due à la basse vengeance des membres de la Commission, grotesquement travestis par le Père Duchesne en inquisiteurs d'Etat. • Si j'en crois le témoignage ultérieur du Diurnal publié par Dauban, c'est du ministère de la guerre, où domi naienl les amis d'llébert, c'est particulièrement de Vincent qu'il recevail des informations sur les généraux et sur les armées. Mais il n'était pas plus lié à celle coterie qu'à toute aulrr. El il commençait à apparaitre au loin, à no;; armées révolutionnaires, comme le grand redresseur de torts, au besoin contre Doucholle lui-même el ses agents. C'est à lui que s'adresse Lazare Hoche {dans unelellre du i2 mai, que Marat publie le 16}pour se plaindre que les officiers vraiment républicains el connaissant leur métier soient supplantés pa r des intrigants : • Aroi du peuple, est-il vrai que les leço}ls que nous venons de recevoir puissent tourner à notre avantage, et que désormais nous règlerons notre conduile,en songeant au passé? S'il est vrai, nous ne verrons plus les traitres, les fripons el les intrigants en place; nos armées ne seront plus commandées par des hommes l:lches, ignares, cupides, ivrognes, el sans aucune aplilude à leur état; nos chefs connaitront leurs devoirs, se donneront la peine de voir leurs soldats, et s'entoureront de gens de l'arl: alors pouvant être respectée, la patrie va jouir d'une liberté indéfinie el d'un bonheur inappréciable. « Mais le bonheur, et la liberté même, nous fuiront sans cesse si le Conseil exécutif nomme toujours aux emplois vacants, au hasard, et si l'intrigue obtient continuellement la préférence. Incorruptible défenseur des droits sacrés du peuple, aujourd'hui une roule d'intrigants et de suppôts de l'ancleo
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