Jean Jaurès - La Convention

lllSTUlllE SOCIALISTE • l)~pulé, de la ~loulagnc, ,ous ave1. écra,é de ,·oLre chute la tète Clu tiran; nous ,ous conjurons de sauver la patrie. « - Oui, oui, nous la sauverons . • Si vous le pou,ez et que vous ne le vouli,•z pas, ,ou, êtes de, l.lchcs cl des lrallrcs. Si ,ou, I~ ,oulcz cl que vou, ne le 1>11i,,i1'1. pas, dédarez-lc, c'c,l l"ob]el de notre mission; cent mille bras soul arme, pvur vous défendre. :-ious 1kmandons l"élargi,,ement <le, patriotes incarccrés, la suppre,sion de Id Commission de, Douze, el le procès de lïnfilme Holand. • llérJull de S,1chclle répoml: • Quand les droits de l'homme sont ,iolé:;, ;i faut dire : la l\t'puhliqul' ou la morl. » C'ctait une foi, de plus le consentement légal à l'insurrection du peuple; du haut de la tribune présidentielle sonnait, contre une partie de la ConYention, le toc,in infurreclionncl. Chaque délcgalion nouvelle amenait avec elle un flol de peuple; les délégués et les citoyens qui leur f,1i,aienl cortège débordaient peu à peu des bancs réservés aux pélilionnaires jusque sur les bancs des députés : le peuple et la Convention se mêlaient, comme, scion la ma,ime du prësiùeot Hérault, se pénétraient • la force de la raison cl la force du peuple •· Ln" 1ue, ll'rS minuit, le président mil au~ voix la rnpprcssion rie la Commbion des Douze, fut-elle n1gulièrcmenl ,•otée par les ùé1iutés spuJ;, comme I a,,ure Le'"asseur, qui dil que les pétitionnaires, au moment du 1ole. ,,, retirèrent dan~ le couloir de i:auche? Fut-elle \'Olée, RU contraire, par un ml'lange insurrectionnel de ctépulc:; montagnar ls el des délégués des secli,,11, '/ li n'importe guère; dans la Connnlion, comme dans un na,ire disloqué, l'eau amt're el sombre élail entre·', el il fallait ou que le nadrc s'enfonçàl ,ou, la ,ague el la nuit, ou qu'il se ,auvàt en jetant la Gironde au, ahi 11es. Les journaux girondins ne donnèr!'nt pa, de, commentaires identique,. Chez le, uns la lrislessc clomint'; chez les autres, le ùé,espoir e.,asp"ré. Lr, Chronique de Paris, très modércc de ton avec Ducos el l\abaul ainl-Elienne, i:cmil plu• qu'elle n'accuse, cl mùmc, à la façon bien\"Cillanle clonl clic parle de Garal, il esl aisé de mir que la conversllion du ministre a1ec Hauaul :;1inl-Etienne a,·ail fait impression sur celui-ci : « On a fait, sur Je rapport de Garal, une remarque digne d'~lre conscr- ,ée; c·esl qu'il e,lencore le seul homme qui ail os,' louer les deu, parlis ~ui diYisent la Con,cnlion, en leur présence el sans éprouver de la part d'aucun de fortes marques d'improbation. Ce privilège esl celui d'un homme clc IJicn, dont le, intentions doi l'ent être respec:ées par ceux qui ne parla;ent pas ,es opinions, cl ùonl les erreur;; mùmes seraient estimables parce qu'elles p1·endraient lt-ur source dans le senlimenl d'une bien1·eillance unirnr,clle qui, mûe par une heureuse imagination, embellit tout ce qui l'enviro,111edes cou- ! ·Urs de la vertu. • ~ur quelqul ;-uns des Girondins, la vertu slupèfianle d'une philosoph,c

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