IIISTOII\E SOCIA.LIS'l'J<: prolongeant la séance, à pousser sou avantage jusqu'au bout, à arracher à la Convention un vole qui brise la Commission des Douze. lsnarJ, qui avait plus de rhèlorique que ùe vigueur, quille le fa·,teuil de la présidrnce comme si. à rclte heure de crise, dans celle soirée tragique où le peuple envahissait peu à peu l'Assemblée el où l'ombre rie la proscription et de la mort semblait descendre avec la nuit sur la Gironde dé•Cm))arée et submergée, il n'aurait pas rlO faire l'effort physique de présider jus 1u·au bout, dOt-il cléfilillir à son poste. Amsi funeste à son parti et à ses amis par sa faibles~e dans l'action que par l'imprudence pro\'ocatric~ de ses mot5 à clîet, il appelle pour le remplacn le Girondin lloycr-Fonfrède. Celui-ci, étant de la Gommi~sion des Douze, est vivement interpellé; l'état- major girondin sentant que la bataille fléchit, wutlernrla séance. Boycr-Fonfrède abandonne le fauteuil, mais la ~lonlagne impose la continuation du combat, el c'est un des siens, Héraull de Séchelle,, qui prend pos,ession du fauteuil. Désormais, sous les flots des déléga Lion. hostiles. la Gironde va être noyée. Les sections de Paris qui attendaient depuis !rois heure, entrent enfin; elles demandent Hébert « leur ami, leur frère » et le p:·ésident leur répond: • Citoyens, la foi-ce de la rai8on et la force du peuple se confondent; vous venez en ce moment réclamer la ju,tice, c·e;t le plus rncré de nos devoirs de vous la rendre. • C'était comme la con,écrntion offtcielle de l'insurrection. Les Gravilliers, la Croix-Rouge insisl>'nt: • Citoyens repré,entant~, dit l'orateur des Gravilliers, en 1780 le peuple de Paris gémissait d:u1; l'oppre,sion, il prit la Bastille. En 1i02, un roi parjure fit. massacrer les citoyens mus le; fenêtres de son palais: les assassins périrent. En 1î03, un nou,eau desJlOlisme plus terrible que les deux autres, une Com111ission inqui,iloriale s'élève sur les dé!Jris de la monarchie. Les pal:'iotc, sont incarcérés, les scènes sanglantes du 17 juillet (la fusillade du C!iamp de ~Jars en !JI) se préparent. • La Hépublique est sur le poinl d'être anéantie. La seclion des Gravilliers vient vous déclarer, par ses com111i,saires, qu'elle n'a pas fait en vain le serm,•111de vivre libre ou ùe rnourir. Yous a1ez reconnu le principe sacré de la résistance à l'oppression. llalheur aux traltres qui, gorgés d'or el affamés de puh,.ince, nous préparent des fers 1 " Ces uccu,ations 1éhémentes perçaient les murmures de la Gironde, la rumeur grandissante du peuple qui des couloirs pénétrait peu à peu dans la salle même, et elles étaient comme répercutées par la ~ontagne en un 1iolenl écho d'accla,nalions enthou,iastcs. C'était comme le pacte d'une troisième insurrection qui se nouait, en pleine Assemblée, entre le peuple de Paris el les ~loutagnards. La section des Gravilliers, comme si déjà la Convention était réduite à la Montagne, 11es'adresse, en fini$,anl, qu'à c~lle-ci :
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