Jean Jaurès - La Convention

..... IIJSTOIHE SOCIALISTE hanté de soupçon, injustes, il alllguc lui-m(me contre la )lonlagne la 1,lus monstrueuse hypothèse : • Quand la calomnie a perdu contre moi Loule pncleur, ajoule+il dans ses Mémoires d'un ton de victime, il ne m'e,t pas ordonné seulement de dire 1011lce qui me justifie; il doilm'ôlre permis entore de dire ce qui m· honore. J'ajouterai donc qu'au moment où j'entrai dans la Comenlion, 011 vint mr dirr que le (·ulé gauche al/ail /ai,-e (e11SUI' le c1jtédroit, Pl tomber sw· lui fr sabre à la main ... Je ue le crus point d11 tout: mais il étai/ po.mble de ne pas le croire et de le cramdre el, dans celle crainte, ce ful au côté droil que j'allai me placer, el non I as au côté fauche. Le~membres du côté droit l'laienl loin de soupçonner alors qu'un homme qui parlagcail si peu leur; pas,ions ,oulail pourtant partager leur sort. • Quel analyste subtil el quel magnifique héros! Danton, comme sïl arnil été gagné par celle Jllédiocrilé d'ùme, se p..rdil en pro1ios gémissants et plats, sans habileté et sans dignité. Comme s'il ne poU\ail soutenir le poids d'un récent lilJelle de Brissot qui reproduisait con. trc lui toutes les calomnies contre-révolutionnaires, il attesta humlJlemenlsa vertu el sollicita de Garat je ne sais quel certificat de modération: « Je demande que le ministre me réponde; je me Oalle que de cettr grande lutte sortira la ,érilé, comme des éclals de la foudre la sérénité de l'air. JI faut que la Nation sache quels sont ceux qui veulent la tranquillité. Je ne connaissais pas le ministre de l'Intérieur. Je le somme de déclarer - et crtte déclaration m'importe dans les circonstances où no us nous trouvons, dans un moment où un député, c'est Brissot, a fait contre moi une ,anglante dialrilJe, dans un moment où le produit ct·une charge que j'avais est COll\Crli en une fortune immense ... -j'interpelle le ministre de dire si je n'ai pas élé plu,ieurs fois chez lui pour l'engager à calmer les lroulJles, à unir les départlmenls, à faire ce,ser les préwnlions qu'on leur avait inspirées contre Paris ... J'interpelle le ministre de dire si, depuis la révolution, je nr l'ai pas innlé à ;,paiser Loutes les haines, si je ne lui ai pas dil : Je ne yeux pas que l'OUS flattiez un parti plulùl que tel au lre, mais que vous prêchiez l'union.» Mais que signifie tout cela en pleine bataille? Ou dirait que Danton ,e1cuse d'ay;ince du coup qu'avec ses collègues de la Montagne il rn frapper. 11 n·a plus celle belle el pleine confiance en soi qui faisait sa force. li commeuce à plaider les circonstances atténuantes: il esl pris de doute sur son œuvrn et sur l'avenir. li esl comme déconcerté par la crise terrible qui s·annonce el où il ne sera plus possible de couvrir sous la violence des paroles la modération des actes. Les actes aussi seront violents, et Dm ton s'étonne: on démêle en lui un embarras profond, et presque le commencement de ce dégoOl qui le perdra. Cependant la Montagne a compris que les paroles de Garat ont désa• grégé la Gironde, dissous Loule énergie de résislance, et elle e,t décidée, en

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