Jean Jaurès - La Convention

13;:;Q !IISTOIRE SOCIALISTK • 1.·une des causes de toutes les fermentations actuelles, c'est l'opinion qui ,,1ccrédile que la Commune de Paris veut marcher rivale d'autorité el de pui,-ancr a, ec la Convention nationale; el on regarde, el on cite comme des preu,es les troupes el les contributions qu'elle lève comme elle juge convenahl!'; el, rn effet, lever des ronlribulions, lever des troupes, ce sont là de ,·érilables actes de souveraineté. ~lais j'ai peur, citoyen président, que la Convention nalionale n'ait oublié elle-m~me la succession de ses décrets el leurs résultats. C'est elle, c'est la Convention nationale qui a donné en e,Pmplc el en modèle à tous les corps administratifs de la France le fameux arrûté du département de Jïlérault. Eh bien, cel arrêté, c·e,l un véritable acte de ,ou veraineté. Par cet arrêté, le département de l"llérault a le,·é six mille hommes, a levé six millions. La Commune de PJris, en exerçant les actes souverain$ qui n'apparliennenl essenliellemenl qu'à la Con,·enlion, n'a point u~urp6 de pouvoirs: elle n·a fait gu·e,e,·cer ceux qu'elle a reçus de b Comen lion elle-même. • 1!ais naimrnt Garat a-t-il la prétention de prou..-er par ces parole, qu'il s·est tenu à égale distance des partis en lutte, el qu'il a même incliné vers la (,i ronde en sig-nalanl comme elle le danger croissant que faisait courir à la Conventi.on le pouvoir de la Commune? li y a quelque hypocrisie à le tenter; car ces paroles de Garat, au moment où il le, disait, ne pouvaie11l qu'accabler la Gironde en démontrant son incon,6quence. Elle a élé exa•pérée contre Garat, el elle· en avait le droit, car mieux Yaut une hostilité directe el déclarée que celle fausse impartialité qui, avec une symétrie menteuse, el en ayant l'air de faire la part des uns rt des autres, précipite la chute de ceux mêmrs qu'elle prétend ménager. Garat, avec une doucereuse lâcheté, ache1a la Gironde par re qu'il dit de la Cornmbsion des_Douze: « En conférant avec tous cn-emble, el avec chacun d'eu~ en particulier, a1ec celle confia11ce, a,ec crl e intimité qui ou\"re les âmes el en lai,,e (,chapper lr, ,ecret,, j'ai cru voil' en eux un mélange extraordinaire de ~oupron contre les hnmnws qu'il, n'aiment pas, de terreur dont leur imagination esl frapJ.ée pour la cho,e publique, de Msir de se montrer avec Ull grand courag-c. de paraître re!,Gre il la rt'puhlique un grand sen ice, <:lque c'est tout cela qui les a jeti·s ,Jans drs erreD r, qui me sont incompréhensibles. Ce sont de, hommes de bien, rnai, la ,crtu mèmc a >l'• erreur,, el ce ne ,ont pa, le, moins danccri-cu,cs. \"ous sa1·c·z,citoyen président, vous qui êtes aussi un meml.>re de cette Commi,,ion des Douze, ,ouR savez que c'est ainsi que je vou, ai parlé il vous-m,'.ne. J.,, langage que je tien; ici 11cdoil pa, vous ;iarattré no 11veuuet l'eslirne que je \"OUS lémoiirne ici n'est pas une C:,lime ~imul6e avec un but honnf:te cl pour calmer des ressentiment, qu'on cherche à. étouffer, non, c'est un se1 liment nai el sincère de mon cœur. » 1lais admirrz 'e, çonlrctdiclions \'raimenl méprisables du philosophe débile. Au moment même où il accuse la Con mi,sion des Douze d'avoir l'e,prit

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