808 JIIS'l'Oll\E SOCIALISTi,; mettre, c·est la crainte de h:lter la perte de Louis par une acceosion à la ligue formée contre nous. Soit que Louis vive., soit qu"il meure, il e,t possible que h s pni•-anc,•s se déclarent nos ennemies. mai, la condamnalio1i don,1e une probabillli de plu, à la rléclaralion; et il est szlr que si la déclaralion a lieu, la mort en sera le prétexte. « Vous vaincrez ces nouveaux ennemis, je le crois. Le courage de nos soldats cl la justice de notre cause m·en sont garants. Cependant, résistons un peu à l'ivresse de nos premiers sll'Ccès: ce sera un accroissement considérable à vos dépenses ; ce sera un nouveau recrutement à faire pour vos armées; ce sera une armée navale à créer; ce sera de nouveaux risques pour votre çommerce qui a déjà tant sou!Tert par le désastre des colonies; ce sera de nouveaux dangers pour vos soldats, qui, pendant que vous disposez ici tranquillement de leurs destinées, alTrontent les rigueurs de l'air, les intempéries des saison~, les fatigues, les maladies et la mort. « El si, la paix devenue plus dilflcile, la guerre, par un prolongement funeste, conduit vos finances à un épuisement complet auquel on ne peul songer sans frémir, si elle vous force à de nouvelles émissions d'assignats qui feront croitre, dans une proportion effrayante, le prLx des denrées de première nilcessilé, si elle augmente la misère publique par des alleintes nouvelles parlées à votre commerce, si elle fait couler des Oots de sang sur Je continent et sur les mers, quels grands services vos calculs politiques aurontils rendus à l'humanité? Quelle reconnaissance vous devra la pairie pour avoir, en son nom el au mépris de sa sou\'erainelé méconnue, com111i,;un acte de t:engeance devenu la cause ou seulemenlle prétexte d'événemenl8 si calamite1n? Oserez-vous lui vanter vos victoires? Je ne parle pas de défaites et de revers. j'éloigne de ma pensée lous présages sinistres. Mais, par le cours naturel des événemenls même les plus prospères, elle sera entrainée à des elTorLsqui la consumeront. Sa population s'alTaiblira par le nombre prodigicu1 d'homm••s que la guerre dévore, il n'y aUt·a pas une seule famille qui n'ait à pleurer son père ou son f\ls; l'agriculture manquera bientôt de bras, les ateliers seront abandonnés; vos trésors écoulés appelleront de nou,caux impôts· le corps ,ocial, fatigué des assauts que lui livreront au dehors des ennenüs puis•ants, des secousses convulsives que lui imprimeront les raclions intérieures, tombera dans une langueur mortelle. Craignez qu'au milieu de ces triomphes la France ne res,em!Jle à ces monuments fameux qui, dans l'E;n ple, ont vaincu le temp,. L'étranger qui passe, s'étonne de leur grandeur; s"ilveut. y pénétrer, qu'y trouve-t-il? des cendres inanimées el le silence des tom beaux. • c·esl d'une puissance cl d'une ampleur admirables; mais aucune de ces paroles ne conclut à l'appel au peuple. Tou les crient à la Convention:• Juge1 Louis XVI el épargnez sa vie. • c·est pour ne pas paraitre oublier tolll l fait sa thèse de l'appel au peuple, que Vergniaud a glissé dans ce développeme11t
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