IIJSTOII\E SOCIALISTE 897 crainte la vie au roi, qui donc, dans le monde, pourra accuser de faihlesse et d'intrigue six millions d'hommes s'élevant au-dessus de leur juste colère? Les tr.tits des calomniateurs éternels s·émon•s~ronl contre cette vaste générosiléde toute une nation, sanvée du sonpr,on par rnn immensité m1'me. Et si le peuple condamne Louis à m0nlcr sur l'échafaud pour châtier, en la personne du traitre supr~me, la trahison ellP-m 'me, sïl \'eut donnPr à sa lutte contre le vieU\ monde quelque chose de solennel et d'irrévocable comme la mort, qui donc pourra Jlrétendre qu'une frénésie rte cannibalisme et qu'une ivresse de san~ a envahi si, millions de rœurs ·? Quelle que soit la décision du peuple, elle aura la m1jesté el l'in1iolahilité du peuple lui-m.'mc. Elle dépassera la calo111niecomme il dépasse la calomnie . .Mais quel sophisme! Comme si l'étranger, pr,'t à l'oulra~e et à l'affOt des préte,!es, sera il dé-armé contre la drcision du peuple! lnduliwnte, il lïntcrprlilcrait comm • uu clésaveu de la Convention et de la l\érnlution. Terril>le, il la dénoncerait comme l'elfel de la passion meurtrière communiqu(•c ü tout un peuple 11arla conla<;ion du délire révolutionnaire. Les rois el leur, mini.- lre, diraient que dans chacune de, assemblées prim1ires le petit groupe des furieux a, ou fanatisé, ou terrorisé le reste, et r.·cst la nation toute entière, mon;trueuse bêle allérée de meurtre, qu'ils livr~raient à la haine des nations. Ainsi la Convention, en se déchar;;eanl sur le peuple de sa responsabilité, ne faisait, pour l'étranger, qu·agr,111lir le crime de la Ré\'olulion aux proportions du peuple lui-même. Non, non : si les hommes d'Etat et les orateurs de la Gironde croient vraiment que la morl du roi aggravera d'un surcroit de haine el de p,'ril la cri;e terrible de la ~'rance, s'ils croient vraiment que la politique cl l'humanité s'accordent à sauver la vie du roi, il faul qu'ils prennent sur eux-mêmes la responsabilité glorieuse de la sau,·er. et qu'il, ne délèguent pa, le salut de la Rc'volulion au peuple innombrable el inclé ·is donl il, n'invoquent la ,•olo11tééparse que pour cacher la détresse de leur 1>ropreprnsre. Au fond, ce fut bien lïnspiralion maltrcs;e du discour; de Vergniaud. Son grand el généreux esprit l'emporte Yile au delà des combin iisons et des habiletés. li semble qu'un momenl il ail lout à fait onb1iô ce tri-te et p1U\re détour de l'ilp)el au peuple, el il recommand,• magnifiq11e111c11Lla clé111e11cc à la Convention, comme si elle, el elle seule, dev.til jug••r : • J'aime trop la gloire de mon pay:; pour pro_,o,er à la Com·enlion de se laisser influencer, dans une occasion aussi solennelle, par la con,iclération de ce que feront ou ne feront pas les puissances élnngères. C1•1,enda11l, à force d'entendre dire que nous agissions, dan, ce Jugemrnl, commr pouvoir politique, j'ai pensé qu'il ne serait contraire ni à votre dignité, ni à la rai~on, de parler un instant politique. • Il e,L probable qu'un des motifs pour le,quels l'.\ngleterre ne rompl pas eocore ouvertement la neutralité, et qui tlcterminenl l'E--pagnc à 1~ pro-
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