Jean Jaurès - La Convention

1311 lllSTOWE SOCIALISTE afîaib!i,:;antes, où l'csp, il débile de Garat cherchait un repos équivoque. « nab"ut de Sainl-f:Licnnc, ajoulc-l-il, me proteste qu'il s"élail opposé de tuules ses lorccs à l'arreslalion d'Htibcrt, que comme moi il l'avait jugée dangereuse. Depui~, Fourrède et \'igicr n,'a,smèrenl qu'llébert avait été également ,HrClé contre lem alis. Je laissai Habaut Saint-Etienne très persuadé que, lorsqu'on n·a poir.t la force, il faut déployer l'autorité avec beaucoup de circonspection, ~our la déployer al'ec succès et avec m'1jesté. Le lendemain matin, je tins le même langage à Fonfrède qui, quoique beaucoup plus jeune et beaucoup plus impétueux, me parut également pénétré de ces intentions. » La Gironde était di,·isée contre elle-môme, cl Garat lui inoculait secrèlemeol le doute. ~lais Je lundi 2î, toutes les forces de colère qui, la veille, avaient bouillonné clans le, sections remplies d'ouvriers, grondent et commencent à déborder sur la Convention. ~larat reprend contre la Gironde le cri de guerre qu'il avait, le dimanche soir, lancé à la séance des Jacobins: « Ce n'est pas seulement à la Commbsion des Douze que je fais la guerre, c'est à la faction des hommes d'État. " Les délégués de la section de la Cité viennent demander, avec force, m·ec menace la mise en liberté de leur président Dobsent et de leur sécrétaire, arrêtés par la Commission des Douze. « Le LPmps de la plainte est passi, nous venons vous avertir de wuver la Républiqu~, 011 la néce.<silé de nous sauver nou ·-mèmes nous forcera à le (aire ... Il en C$l temps encore, puni,sez une Commission infldèlc qui violr les lois de l'homme et du citoyen. l'ious demandons la traduction au tribunal ré,·olulionnaire des membre, de la Commi,;sion ctts Douze; songez qu'il ,;ubit de ,enger la liuerté pre,que au tombeau. Le peuple vous accorde la v1·iorilé. La section de lT11ilé demande à défiler dans votre sein.• Le président lsnard n'était pas homme à éteindre ou ù amortir ces namme,. Leva:;seur l'accuse d'a\Oir été le houle-feu de ces jours difficiles. • lsnard, fougueux girundi11, qui de,ait au sol de la Pro,ence une tête exaltée et un tempéramment de feu ... D~s que cet homm(' fut au fouleui:, nos débats changèrent de conlenr; à chaque in,tant sa Jurl'ur mal contenue rallumait des brandons mal éteint~. 11 parvint en peu de jour, à mettre tout en feu, et peut-titre doit-on, plus qu'on ne pense, atlribuer à sa fougue malheureuse une partie des orages qui ne tardèrent pas à gronder sur nos t(Hes. » li répondit aux pélitionnaire, en un di,cour, hautain, coupé par les interruptions passionnées de l'extrême-Qauche : « Ciloyen1-, la Con,enlion pardonne à 1·ot,·e jeunesse. Les représenta1,Ls du peuple ,culent bien vous donner des conseils. Yous ,oulez être libre,? Eh bien! sachez que la liberté ne consiste pas dans des mot, et dans des si3nes; sachez que la lyrànnie, soit qu'elle ,e cache dansu11ecave ou qu"elle

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==