• IIISTOlllE SOCL\LISTE tcrdire toute prnolence sous 1>réle\lc que c·esl lui qui a, le premier, déchainé la guerre cl suscité en France de funeste, illusions. El s'il lui plall, pour atténuer son e1Teur, d'alléguer que c'est l'impre,sion des massacre, de septembre qui a converti en hostilité la bienveillance première des peuples, pourquoi lui retirerions-nous une explicaliou qui ménage son amour-propre? Après tout, en une heure d'ine_rlie révolutionn:lire, c11 ce printemps sonrnolenl el incertain de !702 où il scmulail que la rurcc révolutionnaire ne parvenait point à percer la terre, il a osé : il a provoqué le ùeslin. Il se peut que la foudre quïl a lancée el qui devait em:>lir ùe son tumulte el de sa lumière tout l'horizon humain hésite maintenant el se replie. Si Ilrissot, après avoir ohtenu de la guerre ce qu'elle pouvait donner, c'est-à-dire la fln de la royauté, s'aperroil maintenant que celle guerre, en s'étendant, devient funeste, s'il a pcr1u, à la rencontre des résistance;; du monde, quelques-unes des illusions sans le,quelles il n'aurait pas osé jouer son audacieuse parlie de Rél'olulion pnr la guerre, il a le droit de reconnallre la puissance de l'obstacle et de cit·conscrire la lulle el le péril. Si les Girondins, gui ont poussé à la guerre pour renverser le roi, s·errr,1yent maintenant de l'agrandissement de la guerre el tentent de la limiter en enlevant un prétexte trop commode à la contre-rél'olulion europoonne, c'est ;ans doutr un acte de clairvoyance et de courage. i\lais alor,, pourquoi prendre ce détour clc l'appel au peuple? Pour,1uoi ne pas avertir nettement et directement la France qn'à prononrer la morl du roi elle suscitera contre elle, inutilement, une coalition funeste? S'il est ,·rai, comme ils le disent tous, q:ie l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne n'attendent que la mort de Louis XVI pour assaillir la France, et s'il y a quelque chance, en épargnant la vie du roi, d'éviter cet élargissement formiclable du conflit, il faut le dire, sans réserve cl sans peur. c·est sur le fond même de la question qu'il faut se prononcer de,anl le pays el devant le monde, el non pas combiner des habileté;; ne µrocéd11rc. lis allt•gnaient (c'est l'argument principal de Salles etde Brissot) que toute décision de la Convention, quelle qu'elle fùt, aurait les périls les plus graves el que ces périls disparaitraient si le peu1>leétait juge en dernier res,orl. Si la Cmvenlion, par prudence ou par pitié, ftisait grâce au roi de la vie et se bornait à prononcer contre lui la détention ou le bannissement, celle sentence généreuse serait dénaturée et empoisonnée par la calomnie, qui dénoncerait la manœuvrc des intriganls s~nvanl le roi pour sauver la royauté. Si, au contraire, la Convention condamnait Louis à mort, tous le, ennemis de la Révolution en France et hors de France accuseraient l'Assemulée ou d'avo11·cédé à une atroce soif de sang, ou d'avoir délibéré sous la menace des assas,ins. El l'univer;; était ainsi soulcv6 contre la France. Au contraire, que le peuple prononce : s'il fait acte de clémence, s'il scnl son cœur assez libre de toutr attache à la royauté pour laisser sans
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