1336 HIS'l'OlllE SOCIALISTE • Commis,ion des Douze. Je désir~rais que la force armée les empéchO.l de « s·assemhlcr, parce que ,;'est un rassemblement dangereux. • Libre à ce bon pelil bourgeois de glisser doucement vers le modérantisme el la contre-révolution; je ne retiens de ses propos que le témoignage sur !"organisation des cluiJs de dix heures. )lais les sections ne se bornaient pas à éluder el à tourner la loi. Qnelquesunes d'entre elles (en minorité il est vrai) bravaient ouvertement l'arrêté de la Com·ention. Le Fauuourg-)lonlmarlre aux décisions du~uel, comme nous !"avons vu, plusieurs sections a l'aient adhéré, refusait à la Commission des Doute la communication de srs registres el procès-verbaux. Il déclarail nettemcnl que les registres des délibérations des sections étant • le recueil sacré des vœux et de la volonté du soU1erain dans ses différentes fonctions, elle ne les porterait, ni ne les communiquerait à aucune commission quelconque, et que si la Convention nationale, comme représentant la souveraineté générale de la nalion, en exigeait la communication par un décret, la section enlière les lui pot terail el ne les abandonnerait jamais. » La section de l'Unilé est plus brutale : « Sur la communication donnée à l'assemblée d'un décret de la Convention qui défend, sous la responsabilité du président, de tenir ses assemblées passé dix heures, et qui exigerait de porter les registres et les arrêtés à la Commission des Douze, l'assemblée passe à l'ordre da jour motivé sm· ce qu'il est permis de résister à l'oppression. » Le section de la Cilé ayaut suivi l'exemple de la section de !'Unité, c'est su,· elle que tombe la sévérité de la t:ommission de, Douze. A la fin de la séance de la Commune, « un citoyen prévient le Con-eil que D,bsent, président, el le secrétaire grerlier de la section de la Cité,oul été arrôlés pour avoir signé, à ce qu·on présume, une délibération prise par cette section, relativement à la Communication de ses ref(islres à la Commission des Oouze "· C'est le 26, dans la nuil, que Dohsent fut écroué à l'Ab!.aye. L'agitation n'était pas concentrée dans les seclions: elle avait, dès la matinée du dimanche, gagné la rue. Les femmes commençaient à se montrer, sans doute celles qui formaient la Société des Citoyennes rél'olulionnaircs ou que celte Société pouvait mobiliser. " On m'a dit, écrit Perrière à Garat, le lendemain 27 mai, qu'il y avait eu hier des rassemblements un peu considérables aux Tuilerie,, aux Jacobins el au faubourg Saint-Antoine. Celui des Tuileries consistait surtout de femmes politiquement mises en avant par les mâles qui n'osent eux-mêmes proposer ou tenter le coup. " Ainsi juge le policier Perrière qui ajoute lourdement : • Elles avaient soif, el c'était surtout dans les crânes de Buzotet de Bris• sot et de leurs partisans qu'elles voulaient boire. •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==