Jean Jaurès - La Convention

lllSTOlllE SOCI.\LIS'l'E 13!l7 C'est rnr un ton d'ironie àpre, mais moins pesante, que le l'r1triou F,.a11çais parle le lendemain de ccll•• manire,talion rie, femme,: • llirr, ces dame~ se sont leYées tout entières; elles un l promené une be\ie b,11rnièrecl un IJeau bonnet rouge; elles ont chanl6 les litanir< ,Je ,\larat, en allenclanl le requi~m des llrissolins. Elles voulaient produire une insurrection générale de, hommes; mais aucun ne ,;'e,,Llevé; el ces dames ont été se coucher. La partie e,l remise à aujourd'hui. » Dutard, malgré ses prétentions à la philo,ophie, esl moins péc\anl cl moins sol que Perrière. Le Conseil de la Commune Cul averti sur l'heure, dans sa séance du :!O : « Des citoyennes portant une bannière font des proclamations dans les rue,, el invitent les passants à se porter à !'Abbaye (pour délivrer llébcrl). • Le Conseil de la Commune si prudent jusqu'ici, si soucieux d'éviter les irréparables démar~hcs insurrectionnelles, n'allait pas se commellre da1Bcelle aventure. • Le président déclare qu'il prendra toutes les précautions pour prévenir les troubles el les rassemblements. • Visiblement, ce n'est pas de la Commune paralysée par la légalité, c·esl des sections les plus rérolutionnaircs el les plus ardentes, délibérant hors du contrôle des autorités constilu!es, que partira le signal décisit. Aux Jacobins, Marat cl Robespierre commencèrent, ce soir-là, à hausser le ton. Je ne sais pourquoi :Il. Aulard a donné de celle séance un compte rendu beaucoup plus sommaire el beaucoup plu, faiule que celui que donne l'lli~- toire parlementaire de Buchez et Roux (en partie d'après le journal de norsa,). Marat rabroue ceux qui s'attardant à cc que ful naguère la méthocle robcspicrriste, dénoncent les intrigues gironclincs. La lumière est faite dès longtemps : il faut agir maintenant, il raul comhallre : « Entreprendre de démasquer la faction des hommes d'État, cc scrnil perdre du temps. Elle est surfisammenl connue; mais il importe de dévoiler ses complots criminels. C'est en abusant des mols, c'est en leur donnant une fausse application, que les hommes d'Etat sont arrivés à faire illusion el à arrêter l'indignaliou des bons citoyens; c'est en appelant républicains purs les tantômes du despotisme et les suppôts de la tyrannie. qu'ils ont soulevé contre les patriotes Lous les aristocrates des sections. L'autre jour, ils appelèrent à la barre les aristocrates de trois sections; aujourd'hui, ils ont appelé les agioteurs de la section du Mail pour donner quelque consistance à leur calomnie contre les prétendus auteurs d'un complot ourdi contre la représentation nationale, complot qui n'existe que dans leur t.)te. Il est important rte se réunir demain pour barrer le11rsprojets. ll est important de fail'e awJall• tir la Cummission extraordinaire des Douze, dont le projet est de livrer au glaive de la loi les amis énergiques du peuple; il faut que toute la Montagne se so11lèvecontre cette ilulig11eCommission, qu'elle soit vouée à l'exécration pubtique et anéanti~ sans retour. •

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