HISTOillE SOClALISTE 895 --------------------------- toutes les nations de l'Europe, quoi qu'on en dise, sont encore esclaves. Bien loin qu'elles songent à nou, imiter, en secouant elles-mèmes le joug qui les flétrit, elles ont peine à recevoir le présent que nos armées leur parlent. • Nos principes sont un aliment de forte digestion, dont leurs organes sont en quelque sorte surchargés. Voyez ce qui s·esl passé à. Francfort; voyez ce qui rn passe dans l'évêché de Trèves, dont le, paysans trahissent journellement nos soldats; dans le Brabant, qui regrette se~ prèlres, qui craint pour ses momeries monacales, el gui finira peul-êlre par nous traiter en ennemis de la divinité, parce que nous avons proscrit les turpitudes ultramontaines. • S011gezaux calomnies répandues contre nous chez l'étranger; à celle étonnante prévention inspirée au~ soldals ennemis qui craignent de se rendre dans nos camps, de peur que nous les traitions en cannibales; songez aux moyens i)uissanls que les despotes ont d'empêcher la circulation de nos principes, el demandez-vous froidement, el sans enthousiasme, si la révolu lion du genre humain est aussi prochaine qu·on nous l'annonce. :-.on, les peuple, sont dominés encore par le despotisme sacerdotal, el par tous les préjugés qui les allachenl à leurs tyrans. » Oui, mais ces prophétie:; magnifiques el décevantes, qni donc les avait faites., sinon les Girondins eux-mêmes? C'est contre les décrets enthousiastes el dangereux du 19 novembre el du 13 décembre que devaient être dites ces paroles de prudence el de vérité. El quel crédit pouvaient avoir ceux qui, ayant d'abord voulu constituer « le pouvoir révolutionnaire universel •, proclamaient maintenant, dans l'intérêl apparent du roi, la banqueroute de cette propagande universelle? Brissot lui-même insiste sur les di,positions hostiles que les tyrans ont réussi à. créer conlre la France de la Ré,olution : « !e l'ai déjà dit. dans nus débats, nous ,w voyons pas asses l'Europe; nous voyons trop ce qui 1wus entoure. Pleins de confiance dans la pureté de nos motifs el dans la bonlé rie nos décrets, nous laissons au temps le soin de détruire les calomnies, de détromper les peuples sur tous les mensonges qu'on répand conlrè nous. • C'est pourtant arec celle opinion mensongère, avec ces calomnies atroces que les rois parviennent à détacher les peuples de notre Révolution, à leur inspirer de l'horreur pour le gouvernement républicain, el mêu,e à les armer contre nous ... Leminislère anglais nous a peints comme des cannibales; il a tapissé les villes el les campagnes des tableaux les plus hideux, el malheureusement les plus ressemblants, de:; massacr~s des 2 el 5 septembre ... Faire ici le tableau de la comédie jouée par les machiavélisles qui dirigent l'Angleterre, c'est peindre les forfaits de presque toutes les puissances de l'Europe. • Ah! sans doute, il serait injuste d'enfermer Brissot, à jamais, dans la témérité de son premier enlhousias me. JI serait injuste el insensé de lui in-
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