Jean Jaurès - La Convention

1320 HISTOIRE SOCIALISTE goisse qu'ils pressent le maire de s'expliquer, de donner ùes dél.ails. C'est pour le, rassurer encore, qu'après le maire, le vice-présidenl de la Commune, Deslournelles, insiste à son lour sur l'inanilé de la conspiration, sur la nécessité .d'une action révolutionnaire à la fois ferme el sage. " Oui, ciloyens, vou~ éles ici au sein ùe vos magistrats, qui son! aussi vos amis. Quand vous nous avez honorés de votre couflance, nous vous en avons parus dignes, nous le sommes encore, nous ne cesserons jamais de l'Mre, Voici des moments difflcil~s ! Une qrande crise s'an11011cee,lle est p1·ès de se déclarer, Que dis-je I elle l'e&t déjà. C'est le cas d'être fermes, d'ôlre républicains, mais sans manquer à la prudence N surtout sa11ss'écarte,· de la toi. Il ne faut pas que la Révolution démocratique rélrogra le d"un pas; il ne faut pas même qu'elle s'arrêle. Garclons-nous toutefois, ciloyen;, de sortir des bornes, hors Je seul cas où une tyrannie nouvelle, porlée à un poinl intolérable, néce,silerait la sainte insurreclio11 qui, aux termes de la Déclaration des Droits de 11Iomme, esl Je plus saint des devoirs. • Citoyen:;, vous êtes aussi éclairés que sages; nous nous en rapporlons à vous sur la conduite à tenir dans ces lri,les circonstances. • A l'égard de la demande que 1•ous nous faites sur le prétendu complot dont la dénonciation serait le comble du ridicule, si elle n'élait le comble de l'absurde, le citoyen maire a donné l'explicalion la plus simple. Vous avez dù trouver dans son récit franchise, candeur, avec la clarté qui caractérise tout ce qui sorl de la bouche de ce magistral vertueux. Il ne me laisse rien à ajouter. • Ces explicalions lransmises par les délégués à la section, ne suffirent poinl à dissiper les appréhensions des palrioles, ou à déjouer les manœuvre, des contre- révolutionnaire, et des modérés, car un délégué annonçait à onze heures à la Commune, que l.t section de !'Arsenal venait de destiluer de leurs fonclions Lous les sans-culolles. « A011zeheures, un délégué de la section de I' Arsenal informe le Conseil que l'assemblée de celle section a cassé le président el le secrélaire-gre!Tier, el a déclaré tous les membres pr~sents a_uConseil incapablas de remplir aucune fo11clion (c'esl-à-dire ne réalisant pas lP.s conditions de domicile, comme la suite l'indique). Le Conseil invite les membres de celle section qui sont dans son min, à se relirer dans la salle di! l'li:galilé el à vérifier leurs carles de citoyens, afin qu'on ne puisse dire que ce sonl des individus sans a,•eu el sans domicile. Il nomme deux commissaires pour les accompagner à leur section, y rétablir fralernellemenl le calme el prouver à tous les citoyens qui seraient égarés, que les faits avancés par la section de la ~'ralernilé sonl absolument faux. • Dans cet ébranlement el celte inquiétude des esprit•, même de quelques révolutionnaires, il était impossible à la Commune de prendre une 01Tensi1·e immédiate. Elle ne pouvait qu'adopler une tactique expectante et ferme, sur-

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