Jean Jaurès - La Convention

1282 lllSTUII\E SOCI.\LISTE Un,• Vl'rHlèe rro1ençalc, venanl 5'ajouler à l'aulre, quel souci pour le Comité de saluL public! Boi5seLel lloïsc Bayle s'excusent, dans une Jeure du 28 avril, en alléguant qu'ils onl cédé au vœu des sections quand ils onl ré- ,·oqué le maire cl le procureur el qu'il e,L impossible d'agir contre le sentiment unanime du peuple. Comme s'il lenra,·aitéchappé que les sections étaient ,oudain CD\ahies par un flot de contre-révolution! Au resle, impuissants, méprisé:;, honnis de tous, ils annoncent tristement, le 28, qu'ils abandonnent }larseille. "Les ennemis de la chose publique s'agitPnl. Les llarseillais se raidi-sent contrP le, nnlorilés constituées cl contre nous-m•'rnes: nous ne pouvons plus rien faire ici pour la chose puhlique; nous allons nous porter sur l~ CPnlre. • il, es,ayrnl en vain de se défendre dans leur lellre à la Convention d 1 1:-\mai, érrile de )lontélimar. Il rn rcs,ort jusqu'à l'évidence qu'ils n'ont su rallier il eux aucune force, qu'ils onl irrill, tour à tour tous les partis, qu'après avoir dénoncé avec ,iolcncc le, modéré,, les égoïstes, a1>rèsavoir exaspéré les Girondins Pl encouru les analhl'mes de Barbaroux : •lisse sont présentés dans les l.louches-du-llhône comme des Lorrenls dévastateurs; ils s·y ~onl pré,cnlés comme des rocher, détaché, de la ~lontagne, écrasant les troupeaux et lrs plaines. », ils onl élé rnbérablemenl dupes du so~hisme de l,1 ,omeraineté populaire allégué par les sections royalistes. Il a sum que l'une d'elles, la septième, leur adressât une sommation : « Dites-nous une bonne fois, si ,ous croyez que le peuple soit souverain ou non; c'est notre dernier mot » pour qu'ils prissent peur el battissent en retraite, livrant i\Iouraille el Seytre, déjà arrêtés par leur ordre, à Ioules les menares, à toutes les fureur; de la réaction. Leur plaidoyer esl incohérent et pitoyable : " Barbaroux a dit à la tribune que nous. vos commissaires dans les deparlements de la Drôme cl des Bouches-du-Hhône, nous nous éliuns présentés dam, ce dernier département comme des lorrenls dévastateurs. Voyons si cet homme a raison. Qu'avons-nous fait'? :-lous avons contribué à accélérer le recrutement, qui esl fini <'l rendu aux armées . .'lous arnus donné ordre d'armer les côtes, qui ne l'étaient point, et cela ~•est eliectué sous nos yeux . .'lous avons ordonné une le,ée ùe GOOO hommes pour se rendre dans le, diver, lieux du tléparlcnwnl el y arrêter le, mouvements contre-révolutionnaires qui commrnç ..icnt à s'y manifester el à se propager dans un département 'voisin. Le succès jusqu'à présent a rempli en partie nos vœux . .'lous avons formé un corps de 000 hommes à ~lonlredon, plage non loin de Marseille où il élail facile aux ennemis d'effectuer une descente. « :--ous avons requis des escortes pour les divers convois des armées des Pyrénées el d'Italie qui pourrissaient dans le port de Marseille, el les convois sont arrivés à lrur destination. Nous avons fait de m~me conduire une floue marchanùe richement chargée pour le Levant. Nous avons fait arrêter, d'après

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