Jean Jaurès - La Convention

UISTOlllE SOCIALi:,TE 1281 apparence menée par quelques rovolulionnaires mécontents, était conduile au fond par la contre-révolution. Comment purent-ils s'y tromper, quand ils ,irenl s'élel'er contre ces deux hommes une tempête de griefs contre-révolutionnaires? Déjà, dans la Société populaire, quand Mouraille, au, premiers jours d'avril, fut dénoncé « comme exerçant sur ses concitoyens un empire despotique, comme disposant à son gré de leur liberté, de leur vie et de la fortune publique, comme un autre Pygmalion qui, croyant rnir à cha1ue inslant la main vengeresse qui va le punir de ses forfails, se fait escorter par des gens armés, etc. •; quand la Sociélé populaire dénonce « les menaces qui ont été faites dans presque toutes les sections à ceux qui ne ,oteraient pas pour le citoyen ~!ouraille, lors de l'éleclion du maire, ce qui prouve que le citoyen Mouraille doit sa réélection, non à l'amour ni à la confiance des citoye•1s, mais à la crainte des lanternes •• c·esl le langage hauiluel de la contre-ré1·0lution. A coup sùr, par une manœul're savante, les royalistes et les feuillants avaient égaré ou divisé la Société populaire, et Boissel et Moïse Bayle se conduisirent en étourdis en aida nt à ce commencement de réaction. Le Comito de salut public, qui ne coropren ait rien à leur attitude, leur envoya, en avril, un billet sévère où il blâmait tout ensemble leur imprudence révolutionnaire à organiser des armées chargées de parcourir le llidi, et l'inexplicable faiulesse qui les aYait fait consentir à la révocation de 11ouraille et de Seytre. « L'arrêté pris sur votre ré1uisilion, le 10 de ce mois, par le département des Bouches-du-Rhône concernant la levée d'un corps de 6 000 hommes destiné à maintenir la tranquillité publique dans le département ou à se porter en cas de réquisition dans les départements voisins pour y rétablir l'ordre et réprimer les contre-révolutionnaires, l'arrestation du maire et du procureur de 1, Commune de Marseille oni occasionné de vives réclamations de la part de plusieurs de vos collègues. Ils se sont réunis et ont tous été entendus au Comité. Vous concevez que nous n'avons rien négligé pour n'être pas in- !luencés par les préjugés et les préventions d'aucun genre. Nous avons inutilement conoulté votre correspondance; nous n'y al'ons trouvé ni les motifs, ni les dispositions de l'arrêté ou des réquisitions qui e,citent tant de réclamations, el que vous auriez dO, aux termes du décret, adresser à la Convention nationale dans les vingt-quatre heures. « :ious vous prions instamment de diriger l'action des citoyens ... Les (lissension,, les discordes civiles sont les plus grands fl,\aux qui affligent la République. Il ne serait pas en notre pouvoir de répondre à la nation de sa liberté el de son indépendance si les départements méridionaux commençaient une guerre civile el si leurs mouvements prenaient le caractère des agitations el des troubles qui bouleversent encore plusieurs départements de l'Ouest.•

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