Jean Jaurès - La Convention

800 IIJSTOllli': SOClA LISTE prétrxle de slalucr sur la peinr à infligrr au roi el de mesurer sa responsabi• lité, lrs conlre-révolntionnaires allai,.nL soumettre à la crilique Lous les événements arc,·mplis depuis trois ann6es. Ge ne ,erail plus lr pror/>s du roi, ce serait le pro,·/>~de la Révolution. Couverts par lr11r rôle rlr j11gr, el participant, pendant un momr•nl, à l'indolabilité de la Conv1•ntion clle-mi'·n,r qui leur conflail la dêci,ion souwraine, les factieux allaient drmander rnmplc dn Di,-Aoîll el des journées de srplemhrr. Ils s'armeraient, contre la fü•volution, des luttes fratricides des révolutionnaires, rie leur, mnlurlle, accusations. El dans toulr celle poussirre soulev(•e les crimes du roi di:;parallraienl. :'.\otcz qu'à celle rninnle précise le premier éla11 rlr victoire el de gloire de la Jlépublique esl sinon brisé, an moi us amorti. Rn Allenrngne, nos armées rcculrnL; en Dclgique, elle:; hésitent et se dis,olvrnl: la mauvaisr or;::-anisation des services administratifs a fail périr des milliers d'hommes de froid el de dénûmrnl La France, réunie en ses assemblél!S primaires, n'aurail donc pas cel irré~islible ressorL de confiance el rl'orguei: qui défie toutes les ma11œ11vres.Et comme, de chaque commune, les plus vaillants patriolrs, lrs révolutionnaires les plas ardents H.aienl partis Iour aller à l'armée, c'est une na lion prirée rie ses forces lrs plus pure, qui prononcerait en celte question vitale. Que dr Hifi rises à redouter! que d'intrigues! ELaussi que de sujets de conflit entre les assemblées primaires et la Convention! D'abord les assemblées primaire, pouvaient dire : Puisque la Convention croil devoir nous soumellre le jugemenl qu'elle a porlé sur la personne rlu roi, de quel droil s'est-elle ahslenue jusqu'ici de nous soumettre le jugemrnt bien plus ~rave qu'elle a porté sur la royauté même? Et pourquoi la Rt,publiqur n'a-l-elle pas été encore, malgré le décret qui le décide, soumise à la sanction du peuple? En ce qui concernait le procès même, !a Convention avait bPau ne proposer à la raliflcalion du peuple que la peine; comment empêcher le pruple de se saisir du fonrl même du procès el de décider non seulement qurl châtiment subirait le roi, mais s'il subirait uo châtiment, el si vraiment il élaiL coupabll•? Or il était impossible de mellre sous les regard,; de quarante mille assemblées primaires les pièces d~ procès; qu'advirndrail-il si un grand nombre d'entre elles, cédant aux suggestions des ro)'ali•les ou à celle peur des rr,ponsabilités définitives donl la Convention môme aurait donné l'exemple, se relu~aienl 1l. statuer? 1'oule la vie de la nation èlail suspendue dans le vide. Toute la Révolution portail à fau~. El encore, si les a~scmblées primaires se prononçaient el si elles désavouaient la Comentioo, si, par exemple, clics annulaient la peine de morl porLée par celle-ci, comme la silualion des Conventionnels devenait périlleuse I Ils élœent, en quelque sorle, répudiés par le pays. Ifs étaienl des régicides, puis-

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