Jean Jaurès - La Convention

IIISTOIRE SOCIALISTE prêtre tenace el audacieux, cl il ne mutait pas se brouiller, en ces jours de crise, avec la pufs,anle et révolutionnaire section des Gravilliers. Jacques Roux voyail le Conseil de la Commune ballotté, dans l'ordre économique, du laissez-faire laissez-passer de Garin à l'interventionnisme de Lhnillirr cl du département. Il conslalail, à travers toutes ces incohérences el ces contradictions, les progrès de sa politique, et il allcndail son heure, avec un mélange de rancune et de dédain. ~lais si, dans la que,lion des subsistances, la Commune était incertaine, elle secondait el elle organisait avec beaucoup de vigueur le mouvement politique rérnlulionnaire qui. depui, la trahison de Dumouriez, se développait contre la Gironde. Elle vil avec colère Je parti que très habilement les Girondins arnienl tiré de la pétition des sections, Je 1:; avril: Puisque les sections de Paris demandent que lrs députés soient jugés par le peuple, qu'il en soit ainsi, mais pour Lou~les députés el pour tout le peuple, et l'appel au peuple sPmblaiL suggéré à la Gironde par les révolutionnaires de Paris. Il fallait sortir en toute hâle du pii'ge que l'on s'clail tendu à soi-même. « Le Conseil général (séance du 15 anil. dans le .lloniteur), informé que la pétition de la majorité des sections. pré,entée aujourd'hui à la Convehtion nationale, a été mal interprétée cl a donné lieu à de violents débats, consir/èrant qur Ir t'(l>lt des sections n'a point ét,: de de1,1ander la convocation des assemblt'rs primaires, mais bien la punition drs ldches mandataires qui ont trahi la cause du peuple, a arrêté qu'une députation se présenterait demain à la Convention à l'effet de rétablir le sens de cette pélilion el de désavouer toute inlerprélalion contraire à son véritable esprit. • C'était proclamer très haut que la solution de la crise était réservée à l'initiali1·e et à l'action révolutionnaire de Paris. Celle action, la Commune la seconde de tout son pouvoir, d'abord en intervenant dans les sections au profit des démocrates les plus ardents. Presque à chaque séance, les sections où les « patriotes • sont mis en minorité par les bourgeois, par les • culollés », envoient des délégués à la Commune. El la Commune envoie immédiatement des commissaires pour surveiller les menées cles « contrerévolutionnaires "; elle les effraie : s'ils onl réussi à s'emparer des registres, à mettre sous scellés les papiers d'un comité de surveillance, la Commune fait lever les scellés. Ainsi le 2 mai (mais ceci n'est qu'un exemple entre bien d'autres) « la section de !'Unité demande que le Conseil nomme un ou plusieurs membres pour assi,ter à ses délibérations et faire cesser les scènes scandaleuses qni ont été occasionnées dans son sein par les ennemis du recrutement, les clercs de notaires et les banquiers. Le Conseil nomme des commissaires à cet effet, arrête qu'il déclarera mauvais citoyens ceux qui s'opposeront au recrutement, el que la loi qui porte la peine de mort contre les ennemis du bien public et de la liberté sera enrnyée demain aux 48 sections. »

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