HISTOIRE SOCIALlS'l'E !249 6tre Jacques noux el les Gravilliers, qui, comme nous l'avon:; vu, n'avaient pas envoyé le i9 mars leurs procès-verbaux, ont-ils adopté comme tactique de gagner du temps, de ne pas heurter de front la Commune. Ainsi s'expliquerait que la section des Gravilliers ne fùt pas comprise dans la liste des sections qui avaient délibérément résisté à la loi. De\'ant la force d'inertie que lui opposaient certaines section,, el en l'absence de toute sanction légale, que pouvait la Commune? Elle avait le respect de la souveraineté populaire, el sans cloute les délégués provisoires des sections continuaient à siéger au Conseil général de la Commune lanl que le litige n'était pas dèfinitil'emeut réglé. li ne !'/:lait pas encore à la fin de mai. Je lis en- effet dans le .lfonilew·, pour la séance de la Commune du 23 mai: « Le Conseil arrête que pour parer au~ inconvénients qui résultent de ce que la municipalité définitive n'est pas encore organisée, la liste imprimée des membres définilivement adopté,, les noms des trois qui n'ont pas encor,' passé au scrutin épuratoire, seront envoyés aux sections avec une circulaire pour leur déclarer que si, dans trois jours, elles n'ont pas encore envoyé leur vœu pour le rejet ou l'admission des memhre.;; qui doivent compléter la municipalilé définitive, il procédera à son organisation avec le département et ù"après l'avis de la majorité des sections, sans égard pour celle.;;qui auraient gnrdé le silence. » D'ailleurs, en celle période. l'effervescence était telle, il y avait dans toutes les secllons des luttes si vives entre la bourgeoisie modérée el la démocratie révolu\ionnairc, que la Commune ne pouvait guère espérer qu'il serait procédé à un vote régulier sur les délégués au Conseil général. La question était donc comme suspendue, et Jacques nou, profilait sans doute de cet étal incertain pour exercer au Conseil général un mandat provisoire. Aussi bien il est visible que ses rapports avec le Conseil général sont difficiles. Pourquoi Jacques Roux refuse-l-il d'aller, à son tour, remplir au Temple la fonction de surveillance que la Commune avait assumée? E:tail-il, comme il le dit, réellement malade? Craignait-il que les nombreux ennemis qu'il avait il la Commune cherchassent à le com;iromellre à un moment où la dénonciation du gardien Tison contre deux commissaires de la Commune, coupables de complaisance envers Marie-Antoinette, mettait la Commune en émoi? Ou bien boudait-il à un Conseil général qui l'avait souvent désavoué et maltraité? On dirait quïl veut s'engager Je moins po,sible avec la Commune, et qu'il assiste à ses séances en surveillant morose ou ironique plutôt qu·en collaborateur. Il la menace aigrement de ue plus paratlre à ses séances si elle veut lui imposer la discipline commune, el le Conseil général, tout en déférant à la section des Gravilliers le refus de Jacques Rou,, décide que l'incident est clos. li était évidemment fatigué de ses conflits incessants avec le
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