Jean Jaurès - La Convention

HISTOlllE SOCLALISTg même ,uccès et amèneront peu à. pea la baisse du prix de cette denrée; mais, nous ,ous le répétons, ces mesures ne pouvent pas el ne doivent pas être publiques, et pourquoi le seraient-elles sïl ne peut résuller de leur publicité aucun hien, s'il en peut résulter du mal et surtout un ruai irréparable? A quoi servirait-il d'ou1·rir au~ yeux des curieux les magasins de la municipalité, les registres clu département des subsi;tances? Serait-ce pour connaitre la cunduite des adrniaistraleurs ·? l'>laisils en rendenJ. tous les jours un compte exact àu maire el au bureau municipal. Avec une pareille surveillance, peuton avoir la moindre i11quiétude sur ,a gestion? Serait-ce pour connaitre ,eulement l'étal des ma!?asins et celui des marchés à livrer? )1ai, il importe que ces 111a.rcbésoient tenu, secrets, car il se pourra.il que la mo,adre indiscrétion ernpèchàt la livraison des fat'ÏOes attendues. li importe que la situation cles maga,iris ne soit pas conoue de tout le moode; pe,;t-Mre tous les ma~nsins de la municip·tlité ne sont 1•as it Pari-, et ne doiverll-ils pas y êlre tous pour mieux a,surcr le succès de l'appro,isionnernenl; contenlons-nottS pour le momet1Lde retirer l'avanta.,;e qui ré,ulle de ces mesures; un jour viendra où les administrateurs pourront vous !'ùirn le détail, non des peines, des soucis qu'elles leur auront occa,ionués, mais de ces mesures elles-même,. ELles auraient sam doulP iti ùwtilPs <i, con/o,·111é,nent à l'arrêté du cur11smwdcipal, du 3 f,'vrirr, on at•ait laissé à Paris L,, pain suivre le prix dP la farine, comme on a (flil dans toute la France. L'appro,isioDnernent de Paris e,t assuré, les boulangers sont garnis, Ir, magasins rie la JUUuicipalité am»i, cl ils le serunt en dépit des r,rnx p1lriotes el de, intrigants, car ce sont eu~, n'en doutrz pas, chers concitoyens, qui vo u- sonnent l'alarme; mais ce~ moyrn; aristoeratiqtH', :;ont usés, vous sen tirez qu'il esl plus néccssair•J que jamais que loth les citoyens se rallient autour d'un maire qui a leur cunfianc~ l'l des officiers municipaux qui la parlag ent el méritent de la parla:.;rr· par leur dévouement sincère à la chose publ.que, dont les sulJsbtanc,•s so'lt la IJast•.• li Col très vrai que le corp, municipal, comme en lémoi.,ne, àla date du i" fé1rier 1703, le re:;islre de ses délibéraliun,, aYait recornuranrlèau peuple de lai,ser le prh du pain s'élover en pr,porlion du prix ,ariablc des rarines el avait plaidé pour le principe de la lib·'rté du commerce : « Plusieurs sections se plaignent du reuchéris,ewcnt du pain, annoncent des ras,emhlements qui menacent les boulangers cl demandent que le corps municipal prenne des mesures propres à ramener le calme. Une dbcnssion s'élève sur la question de sa1oir s'il conviont de porter le pain de quatre livres au prix de lreizo soL, ou cle le maintenir au prix actuel. « .\près de vifs débats, le corps municipal arrête : i' de renvoyer celle question aux seclioos elles-mêm~s; 2° de leur adresser l'Avis au peuple, rédigé par le citoyen Garin, afin de les mettre en élat de délibérer, avec une connaissance exacte, des motifs qui plaident pour el contre l'augmentation.» Ain,i Garin se rappelait d'autant mieux la décision du corps municipal

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