HISTOIRE SOCIALISTE 12H • Des hommes perfides veulent jeter le trouble parmi vous, en vous donnant de l'inquiétude sur vos subsistances; ces hommes sont ceux qui visent au bouleversement de la république, au rétablissement de la royauté; gardezvous de les écouler. Les subsistances de Paris sont assurées, les boulangers cuisent même plus qu'il n'est nécessaire pour la nourriture des habitants de notre ville. Si le pain a paru manquer, ne l'attribuez qu'à la crainte qu·ont dP prétendus patriotes qui, en se précipitant chez les boulangers, vous ont entrainés avec eux; ne !"attribuez qu'à l'exportation considérable hors de nos murs. que ces mêmes soi-disant bons citoyens ont faite ou ont favorisée, du pain cuit dans Paris. L'administration municipale vient de mettre des bornrs à cet enlèvement en ordonnant la ,·isite des voitures sortant de Paris, el la saisie des pains qu'elles contiendraient, mesure juste et naturelle; car si le peuple de Paris fait des sacrifices pour maintenir chez lui le pain à un bas prix, ce mème peuple doit retirer le fruit de ses sacrifices. La farine ne manquant pas dans Paris, les boulangers cuisant surflsammenl, il n·y a plus de crainte, plus dïnquiélude à avoir; nous n'avons plus de raison pour nous jeter en force chez les boulangers; ce n'est qu'avec le calme el la tranquillité que vous pouvez mettre le sceau aux mesures sages qu'ont prises vos magistrats pour assurer vos subsistances et déjouer les infàmes complots des agitateurs. • Evidemment, le Conseil général de la Commune qui avait, le 1î au soir, adopté celle proclamation et décidé qu"elle serait imprimée el affichée. notamment aux portes des boulangers, et envoyée aux 48 sections, n'a l'ail pas grand goût pour la démarche à laquelle, le lendemain, l'entraina le département. li ne semble pas qu'aucun des membres do· la Commune ait songé à se <lire : Si ron exporte du pain de Paris, c·est parce qu'il esl plus cher au dehors, el s'il esl plus cher, c·esl parce que le maximum du prh du pain n'esl pas fixé: il faut donc adopler une ta~ation générale pour empêcher celle exportation de pain qui pouvail épuiser Paris. ::-lon, il n'y a pas trace, dans les comptes rendus qui nous sont parvenus ct·un raisonnement de cet ordre. En fait, même après la taxation générale des grains, il y aurait eu encore, enlre le prit du pain à Paris el le prix du pain hors de Paris, un écart, puisque Paris fai,ail des sacrifices pour maintenir le pain même au-dessous du cours normal. Garin, en qui le conseil de la Commune a Loule confiance, puisqu'il en adople toutes les propositions, semble môme contraire à Lout système de réglementation. Le 29 avril, Garin et Cousin, administraleurs, soumettent au conseil, qui l'approm·e, la proclamation suiva11le: • Citoyens, c'est avec un vrai plaisir que les adminislraleurs des subsistances el approvisionnements s'adressent aux sections pour leur faire part de l'état des sullsislances de Paris. La farine de commerce, quoique toujours à des prix élevés, abonde à la halle, et l'administration espère que les mesures qu'elle a adoptées et qui ont réussi jusqu'à présent, auront toujours le
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